Deadpool: L’art de la guerre

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Résumé: L’Art de la guerre de Sun Tzu est le premier traité de stratégie militaire. De tout temps, il a influencé de nombreux dirigeants dans les domaines de la guerre et des affaires. Mais aujourd’hui, vous allez découvrir une version inédite de ce classique, une oeuvre destinée à surpasser l’originale : L’Art de la guerre de Deadpool !


Deadpool: L’art de la guerre

F1MNF01515_Cover.inddFiche technique:
Scénario : Peter David
Dessin : Scott Koblish
Editeurs: Panini Comics (VF), Marvel (VO)
Date de sortie: 4 novembre 2015
Pagination: 96 pages


Ne poussez pas à bout un ennemi aux abois

L’histoire est donc relativement simple, vous l’aurez compris. On se retrouve en présence de Deadpool qui a réussi à subtiliser le manuscrit de l’Art de la guerre à son auteur d’origine, Sun Tzu. Il revient dans le présent et tente de vendre le manuscrit à une maison d’édition. Le problème, c’est que le manuscrit ne les intéresse pas car ils ont déjà publié la version de Sun Tzu. Ils pourraient le publier par contre si le contexte mondial change et que la guerre refasse surface. Pas de soucis pour Deadpool, il amènera Loki à conquérir Asgard, puis à s’en prendre à la Terre et voilà, nous avons une guerre. L’histoire en elle-même tient du divertissement, il ne faudra pas en demander beaucoup plus. Tout est prétexte à amener des situations amusantes, sur fond de citations de Sun Tzu et de son manuscrit de l’Art de la guerre. Etrangement, le mélange opère et on poursuit la lecture du livre, le sourire aux lèvres. On reste sur le ton d’une comédie, sans excès et en fait, ça marche parfaitement.

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Surfing in the USA

Tout le succès d’une opération réside dans sa préparation

Peter David, notre scénariste, parvient à rendre son récit divertissant, pas évident quand le point de départ est un manuscrit sérieux sur la façon de mener une guerre et de la gagner. Il semble avoir eu du mal à faire décoller le récit, le début est vraiment trop long et l’histoire tarde à se mettre en place. Mais si on passe outre ce problème de rythme, on note une une écriture subtile et faisant de multiples références à l’univers Marvel, les comics comme les films. La scène où Deadpool choisit la version de Loki qu’il veut utiliser pour son récit en est un parfait exemple. On est d’abord confronté à une version infantile du dieu, trop infantile pour Deadpool. Puis on passe sur la version féminine, qui ne convient pas mieux à notre anti-héros. Il finit par choisir une version plus ancienne de Loki, plus adulte et masculine, pas sans rappeler que nous devons les autres versions aux scénaristes Matt Fraction et Frank Straczynski. Quant aux références aux films… il suffit de voir qu’on suit Loki cherchant à envahir la Terre, ça pourrait légèrement rappeler des souvenirs à ceux qui ont suivi les Avengers au cinéma. D’ailleurs, Loki se fera maltraiter par Hulk et ça marche aussi bien en comics que sur grand écran. Peter David nous offre donc une vision de Deadpool moins burlesque, moins délirante que ce qui nous est offert habituellement, mais il reste en accord avec le personnage. Le résultat est un bon moment de détente, certes hors de la continuité Marvel.

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Mini Loki, un jour deviendra grand

Celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu’elles ne surviennent

C’est Scott Koblish qui est au dessin et il fournit un travail impressionnant. Entre les différentes couvertures qui rappellent des estampes japonaises et le style général qu’on pourrait presque qualifier d’antique, Koblish est ici en parfait harmonie avec le ton voulu par David. Les personnages sont nombreux mais tous sont dessinés  en détail, permettant à Koblish de nous montrer son talent sur un éventail très large de héros, les Vengeurs et les X-Men (All New et Uncanny) principalement. Même l’armée de Loki, composée d’orcs, bénéficie du même traitement. Chacun de ses hommes a un visage et une attitude différents. Les scènes d’actions sont également bien retranscrites, Koblish en profite même pour mettre en avant les différents pouvoirs des héros. On peut donc s’amuser à trouver qui fait quoi, avec facilité. Dessinateur et scénariste ont travaillé pour nous offrir un ouvrage cohérent dans le ton et la forme, ce Deadpool : l’art de la guerre est exemplaire de ce point de vue.

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Un combat d’idéaux, la noblesse de l’un contre la folie de l’autre

Notre invincibilité dépend de nous, la vulnérabilité de l’ennemi de lui

Si on aurait pu s’attendre à quelque chose de beaucoup plus drôle, le livre fonctionne quand même. Cela aurait pu être gênant si on ne sentait pas que c’était l’intention de départ de David. Le scénariste a réussi à retransmettre le ton qu’il désirait pour son récit, nous offrant un ouvrage de qualité, mais pas dénué de défauts. Un problème de rythme principalement, le récit traîne à démarrer et pourtant le scénario n’était vraiment pas compliqué. Il nous faut attendre l’arrivée de Deadpool auprès de la première maison d’édition pour voir le récit s’accélérer. Puis le récit se place hors de la continuité, donc sa lecture est dispensable, d’autant plus que Deadpool : l’art de la guerre n’est peut-être pas le meilleur récit mettant en scène ce anti-héros, mais cela reste subjectif. Du coup, on aurait tendance à en conseiller d’autres, ce qui est dommageable parce que lire cet ouvrage est agréable. Je recommande donc la lecture à ceux qui sont fans de Deadpool uniquement, et je le fais à contre-cœur car le récit est vraiment plaisant, tant au niveau du scénario que du dessin. Mais voilà, quand on écrit un livre mettant en scène Deadpool, la concurrence est rude tant le choix est vaste. Et je me permets de rajouter une dernière illustration pour la route… oui j’aime les couvertures de Koblish.

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Un petit coin de parapluie

Pour se procurer le tome:

Deadpool: L’art de la guerre

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