Saga – T01

Image à la une - Saga Tome 01

Résumé: Un univers sans limite, peuplé de tous les possibles. Une planète, Clivage, perdue dans la lumière froide d’une galaxie mourante. Sur ce monde en guerre, la vie vient d’éclore. Deux amants que tout oppose, Alana et Marko, donnent naissance à Hazel, un symbole d’espoir pour leurs peuples respectifs. L’espoir, une idée fragile qui devra s’extraire du chaos de Clivage pour grandir, s’épanouir et conquérir l’immensité du cosmos.


Saga – Tome 1

Cover - Saga Tome 1Fiche technique:
Scénario : Brian K. Vaughan
Dessin : Fiona Staples
Éditeurs: Urban
Date de sortie: 15 mars 2013
Pagination: 168 pages


Prendrez-vous un peu de Roméo et Juliette ?

Nous voici en présence de deux mondes que tout oppose. D’un côté, nous avons la planète technologiquement avancée Continent, dont les habitants possèdent des ailes. De l’autre côté, nous avons la lune Couronne, endroit où la magie est courante et dont le peuple a des allures de satyre, dû à leurs cornes. Continent est entrée en guerre avec Couronne il y a de cela fort longtemps, seulement si la planète ou la lune venait à disparaitre, elle engendrerait en conséquence la disparition de l’autre. Et pour cause, Couronne est la lune gravitant autour de Continent. Quittons ces deux planètes pour s’intéresser à nos personnages, personnages que tout aurait dû opposer mais le cœur a ses raisons… Alana était une soldate, originaire de Continent, qui avait reçu pour mission de surveiller Marko qui, vous l’aurez compris, est natif de Couronne et était alors prisonnier de guerre. Ils se sont aimés et auront un enfant, Hazel, qui naitra dès les premières pages du récit.

Naissance de Hazel - Saga Tome 1

La naissance, ce moment féérique…

Nous les trouvons en fuite, cherchant à offrir à leur fille un avenir loin des conflits faisant rage. Chemin faisant, ils trouveront alliés et ennemis dans des personnages variés comme Izabel la fantôme, le Prince Robot IV et sa tête d’écran de télévision, le chasseur de primes Testament et son chat détecteur de mensonges… Et ce n’est là qu’une partie des personnages auxquels nous avons droit. Le scénariste Brian K. Vaughan ne perd pas de temps et nous envoie directement au cœur de l’action. Saga ne ment pas par son titre, c’est une certitude.

saga 6

Testament et le Prince Robot IV, qui est qui?

La Guerre des sagas

Vaughan ne s’en est pas caché, Star Wars a été l’une de ses sources d’inspiration. Il a dit lui-même de son récit que c’était « Star Wars pour les pervers. » Nous sommes bien en face d’un univers fantasy et space opera, nous sommes en présence de gens luttant contre un système qu’ils n’approuvent pas. Il y a deux camps qui s’opposent, la Rébellion et… euh je m’emballe un peu. Mais les références sont là et il y a effectivement cette impression de déjà-vu qui nous suit tout le long du récit, loin d’être désagréable. Ce ne sont pas les seuls éléments qui ont nourri Vaughan pour son récit, il cite également Game of Thrones pour le côté politique et les guerres de famille. Les sources d’inspiration sont donc nombreuses et forment un mélange des plus agréable à lire.

Prince Robot IV - Saga Tome 01

Cette tête me dit quelque chose… un écran de télévision!

Vaughan souhaite également donner un côté adulte à son œuvre, que ce soit par le langage, les thèmes abordés, l’ambiance générale. Plusieurs exemples pour mettre en avant cette idée, je commence par l’accouchement dans les premières pages où Alana dira : « C’est comme si j’étais en train de chi**. » A ce propos, Vaughan dira d’ailleurs qu’il voulait faire faire quelque chose que les gens, qui se demanderaient si le livre était pour eux, ferment et se disent tout de suite : « Ce n’est pas pour nous. » Autre moment, autre scène, on retrouve le Prince Robot IV sur les toilettes en train de lire un livre. Là, il est interrompu par sa femme qui vient lui annoncer qu’elle est enceinte, retirant tout le côté glamour qui aurait pu se dégager d’une telle annonce. Quant aux thèmes, en dehors de la sexualité présente dans les dialogues et certaines scènes, Vaughan aborde la pédophilie (il n’en fait pas l’apologie hein, je le dis clairement), la mort, les dérives du sexe, …

Sextillion - Saga Tome 01

Bienvenue à Sextillion (le nom explique en partie le problème, si si)

Le récit, malgré sa simplicité apparente, fourmille de détails permettant une double lecture. Là où on peut se contenter de suivre Alana et Marko fuyant leurs oppresseurs, on peut aussi y voir le poids des traditions, une lutte contre les fantômes de notre passé, l’opposition de la technologie contre la magie, la raison contre la croyance. Vaughan a fait du très bon travail.

Alana au Pays des Merveilles

Vaughan qui est ici assisté par Fiona Staples au dessin. Plein de couleurs, les traits clairs et précis, elle rend le tout vivant et on arrive facilement à croire à cet univers monté de toute pièce en partie grâce à elle. Elle parvient sans mal à nous transmettre les émotions des différents personnages que ce soit par le détail apporté à leurs expressions faciales, leurs attitudes. Elle nous fait vivre leurs émotions, rendant encore plus intense l’écriture de Vaughan. Le passage dans lequel nous avons The Stalker, une chasseuse de primes, tombant sur nos héros et parvenant à les maîtriser en est un bon exemple.

Stalker - Saga Tome 01

On n’est jamais trop armé

D’abord, elle apparaît comme terrifiante puis, se rendant compte de la présence d’autres prédateurs, elle nous apparaît comme terrifiée, ce malgré sa stature imposante et son caractère bien trempé.
Lorsque Staples prend le temps de placer des décors, elle le fait également de manière très convaincante. La planète Sextillion, planète de tous les vices, est ainsi dessinée de sorte qu’on aurait presque envie d’y faire un tour, tant l’ambiance rendue semble attractive. Et pourtant, quand on apprend la vérité sur cette planète et sur les vices qu’on peut y assouvir, on a l’impression que Staples s’est placée en tant que commerciale cherchant à nous vendre la beauté d’un endroit alors qu’il est malfamé. Un contraste voulu entre réalité et désir, bien amené et appréciable pour les yeux.

D’une saga vers une odyssée…

La première chose à souligner, on apprécie le fait que Vaughan ne perde pas de temps à nous présenter le couple formé par Alana et Marko. On commence directement avec la naissance de Hazel et c’est tant mieux, pas de perte de temps et on rentre directement dans le vif du sujet. Bien sûr, nous aurons le droit à plusieurs flash-back mais ils se feront discrets et serviront le récit. On lit ce Saga T01 et bien vite, on y croit. Pourtant tout y est inventé, rien n’est ancré dans notre réalité, mais la magie (ah ah) opère et très vite on se sent comme chez nous. Grâce, entre autre aux dessins hauts en couleur de Fiona Staples et le talent à l’écriture de Brian K. Vaughan.

Bonne nuit - Saga Tome 01

Chéri, j’ai l’impression que quelqu’un nous observe…

On finit la lecture du premier tome et on a hâte de lire la suite. La course-poursuite ne fait que commencer, les personnages sont mis en place et on attend qu’ils finissent par se croiser avec impatience. Ce premier tome est donc une réussite, sur plusieurs plans. On regrettera juste le manque de détails concernant les décors par moment, Staples se contentant parfois de mettre toute l’attention sur les personnages au détriment du reste. Mais franchement, c’est bien parce qu’il fallait trouver un défaut au titre. La seule raison qui pourrait vous empêcher de lire le livre, c’est si vous êtes totalement réfractaire au mélange de Fantasy et de Space Opera. Autrement, je ne peux que vous recommander cette lecture.

Pour se procurer le tome:

Saga – T01

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