Harley Quinn – T01 : Complètement marteau

Image à la une - Harley Quinn T1

Résumé: L’ancienne psychiatre Harleen Quinzel n’est pas le genre de femme à se satisfaire d’une vie convenable et tranquille. Elle fuit la routine comme la peste et cherche par tous les moyens à faire de sa vie une aventure. Sa toute fraîche installation à Coney Island est donc l’occasion rêvée d’en commencer un nouveau chapitre ! Avec son entrée fracassante dans l’équipe locale de roller derby, l’approche de la Saint-Valentin et la découverte d’un contrat mis sur sa tête, la pétillante Harley Quinn aura beaucoup à faire. (Contient : Harley Quinn #1-8 + #0 + Secret Origins #4)


Harley Quinn – Tome 1 : Complètement marteau

Completement_marteau_Harley_Quinn_tome_1-coverFiche technique :
Scénario : Amanda Conner, Jimmy Palmiotti
Dessin : Chad Hardin (et plein d’autres !)
Coloriste :
Editeur : Urban Comics
Date de sortie : 3 juillet 2015


Sorties en novembre 2013 chez DC Comics, et attendues avec impatience, les nouvelles aventures d’Harley Quinn sont une bulle de fraîcheur et d’humour que nous proposent Urban Comics pour la version française.

Créée par le scénariste Paul Dini en 1992 dans le cadre de la série télévisée Batman, Harleen Quinzel, est à l’origine une psychiatre à l’asile d’Akham. Elle va croiser la route du Joker, en tomber follement amoureuse, et devenir sa complice de crime et de folie déguisée en arlequin – d’où son nom de super-vilain. La suite, beaucoup la connaissent : le personnage aura tellement de succès parmi les fans qu’il finira par intégrer le Batverse définitivement.

Après plusieurs aventures en groupe, que ce soit avec le Suicide Squad ou les Gotham City Sirens, Harley a maintenant sa première série en solo.

Férocement adorable… et totalement timbrée

Le prologue de ce tome commence en fanfare : installée dans son garage, entourée de jouets, Harley discute avec Bernie, son castor empaillé, en se disant à quel point ce serait bien qu’elle ait sa propre BD.

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Dis Harley, tu veux faire quoi cette nuit? La même chose que chaque nuit, Castor, tenter de conquérir le MONDE!

Briser le « quatrième mur » en guise de préliminaires, voilà qui donne le ton. Les planches suivantes forment une sarabande jubilatoire de scènes éclectiques où quinze illustrateurs (un par page) proposent chacun à Harley un concept de personnage : Harley en rockstar sanglante, en robot géant, surfant sur un dauphin, en Thelma et Louise, dans la gueule d’un alligator, et j’en passe et des meilleures. La frénésie d’action se termine par un abrupt retour à la réalité (« Ka-boom ! ») et l’esquisse de ce qui sera la ligne directrice de l’ouvrage.

« Le gros lot ! J’ai décroché le gros lot ! »

Harley débarque donc à Coney Island, à moto avec toutes ses affaires, où après avoir rencontré son nouvel animal de compagnie (cette scène avec le teckel est probablement ma préférée entre toutes), elle découvre l’immeuble que lui a légué un ancien patient et dans lequel elle va pouvoir aménager, tout en vivant confortablement du revenu des loyers de ses voisins.

Téckel - Harley Quinn T1

Le meilleur ami de l’homme

Harley réalisera assez vite qu’à son grand dam, elle ne pourra pas vivre des rentes locatives, et va devoir trouver du travail pour pouvoir payer les impôts fonciers et autres. Pour cela, elle retrouve ses anciennes habitudes : psy ! (à la différence près qu’elle doit désormais porter du fond de teint pour dissimuler sa peau blafarde).

« Nom d’un tueurolli ! »

Entres autres péripéties, elle postulera aussi à un groupe de roller-derby, vivra une Saint-Valentin mouvementée, mettra à sac un refuge de la SPA pour en libérer les animaux, aidera un petit vieux ex-espion à se venger, et passera des moments complices avec son amie de toujours : Poison Ivy, qui se propose de l’aider à découvrir quel mystérieux plaisantin a mis un contrat d’assassin sur sa tête.

Quand les Gilmore Girls ont un teckel, une moto et un marteau…

Autant le dire clairement : j’ai adoré Harley Quinn : Complétement marteau.  Je venais de finir un autre comics auquel je n’avais pas spécialement accroché, mais j’ai été totalement prise par le récit de la psychiatre la plus déjantée d’Arkham, pour trois raisons.

1.    C’est girly
Ces histoires composent une sorte de friandise « girly » d’on on ne peut sortir qu’avec le sourire. On dirait la parodie grinçante d’un roman Harlequin : séparée de son amour de toujours, une jeune fille s’offre une nouvelle vie suite à un héritage, elle s’aménage un appartement, fait de nouvelles rencontres, essaie d’aider son prochain, adopte plein d’animaux mignons, et s’inquiète d’être seule pour la Saint-Valentin.

Castor - Harley Quinn T1

Harley regardant les Feux de l’Amour

Et comme dans un roman Harlequin, il n’y a pas de sexe ! Si les tenues d’Harley sont moulantes et souvent décolletées, c’est probablement plus pour flatter l’œil du lecteur que pour en faire une séductrice. Elle est certes proche de Poison Ivy, mais si romance il y a, elle vient plus d’une demande (insatisfaite) d’Ivy, que d’Harley, qui est platoniquement affectueuse avec tous ceux qui savent toucher son cœur d’artichaut. Le sujet n’est pas longuement développé dans l’ouvrage, ce qui n’est pas gênant, car l’amitié entre les deux héroïnes se suffit à elle-même.

Pour ceux qui s’interrogent, je suis tombée sur une séance de questions-réponses des deux scénaristes sur Twitter, réalisée en juin 2015, où la question de la sexualité d’Harley est abordée. J’ai remarqué que Conner et Palmiotti répondent assez sèchement, ou à côté, aux questions qui sexualisent directement Harley. Par exemple :

Q : « Je trouve Harley sexy ! Pourrais-je en avoir une à moi ? »
R : « Tu n’en auras pas une avec ce genre de comportement. »

Ou bien :
Q : « Est-ce qu’Harley sortirait avec moi si je lui offrais une pizza ? »
R : « Non, mais Jimmy [Palmiotti], lui, sûrement ! »

Et encore :
Q : « Est-ce qu’Harley sortirait avec moi si je me comporte comme le Joker ? »
R : « Si tu te comportes comme le Joker, tu finiras en prison. »

Par contre, ils répondent plus sincèrement à deux questions portant sur la relation entre Harley et Ivy :
Q : « Que pensez-vous de la romance entre Harley et Ivy ? »
R : « Nous adorons le fait que ce soit les meilleures amies du monde. Ivy est le point de repère d’Harley. »

Et un autre qui demande :
Q : « Est-ce qu’Harley et Ivy sont des petites amies [girlfriends] ? Confirmez SVP. »
R : « Oui, ce sont des [petites] amies, sans la jalousie liée à la monogamie. »

La question n’est peut-être pas définitivement réglée car « girlfriend » a un double sens – autant « amie » que « petite amie » – mais passons.

Si vous vous intéressez au personnage d’Harley, je vous invite à aller parcourir ce chat, il y a pas mal d’infos intéressantes dessus, d’autres thèmes sont abordés : des futures apparitions d’Harley, le pourquoi de ses différents costumes, les inspirations des auteurs, etc.

Harley Quinn par Adam Hugues - Harley Quinn T1

Quand Harley Quinn demande à Adam Hugues de la dessiner

2.    C’est drôle
Alors bien sûr il y a l’humour, parfois gras, parfois noir, du personnage. Harley, sous ses abords affectueux, reste une psychopathe qui brutalise, vole, et tue sans sourciller (et qui se confie à un castor empaillé). Il est peu évident d’arriver à mêler la violence et l’humour, mais les auteurs y arrivent très bien.

Certaines scènes sont des perles d’absurde et de WTF (je repense à la scène où elle saute de l’hélicoptère avec le petit vieux en chaise roulante accroché à elle), mais c’est comme ça qu’on l’aime !

Puisque j’ai évoqué les scénaristes, continuons. Amanda Conner et Jimmy Palmiotti, sont en couple dans la vraie vie, et cette complicité se lit dans leurs récits. J’ai eu le plaisir de les découvrir avec ce tome, et de mieux les connaître en lisant une interview d’eux publiée aussi en juin dernier (les traductions sont de mon fait). Pour citer Palmiotti : « Quand je fais mes trucs et qu’Amanda fait les siens, on essaie toujours de faire rire l’autre. A la fin, quand ce pauvre Chad [le dessinateur] découvre le script, c’est rempli de notre folie. »

Cette envie de faire rire, et de se faire plaisir, se ressent dans l’histoire : ils proposent un trip, auquel vous être libre d’accrocher. Comme l’explique Conner : « On s’est retrouvés au tout début avec l’épisode 0 et ses 17 artistes, et on se disait ‘lâchons-nous et amusons-nous, et avec un peu de chance quelqu’un nous suivra.’ » Et ça a été le cas.

Easy Rider - Harley Quinn T1

En route vers de nouvelles aventures

En plus de l’humour, ils parviennent à rendre Harley humaine dans sa folie, et c’est ce qui la rend justement si attachante. Comme l’explique Conner, dans une autre interview (qui est très chouette aussi, sur la genèse du projet) : « Il y a plein de gens qui veulent découvrir les différentes nuances d’Harley… et une GROSSE nuance, c’est qu’elle EST une tueuse psychopathe. Notre défi est de la rendre adorable ! »

3.    C’est beau
Je conclurais par un petit mot pour les dessins de Chad Hardin, que je trouve particulièrement plaisants, et qui montre différentes tenues pour Harley, selon les occasions (mention spéciale à la tenue de roller-derby). Vous vous attendiez à revoir encore et encore la tenue d’Arlequin de la vieille époque ? Détrompez-vous, il y en aura des différentes à chaque fois !

Pour se procurer le tome:

Harley Quinn – T01 : Complètement marteau

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