Sex & Violence

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Résumé: Avec Sex & Violence, plongez dans un torrent de stupre et de fougue à travers cinq histoires indépendantes mais partageant des thèmes communs. Au menu : la quête de vengeance d’un grand-père à travers la communauté du porno à Portland Oregon ; la fascination obsessionnelle d’une femme-flic de la police de New York pour un couple lesbien ; une rivalité malsaine entre une mère et sa fille aussi séduisantes l’une que l’autre ; l’histoire d’une unité spéciale de l’Armée rouge pendant la seconde guerre mondiale ; et le bilan d’un assassin sur les choix violents et meurtriers qu’il a fait dans sa jeunesse et qui ont changé sa vie pour toujours. En bref : cinq visions de ces thèmes, sexe et violence, qui fascinent et dérangent l’humanité depuis toujours, pour un ouvrage sans concessions à réserver à un public averti.


Sex & Violence

Couverture - Sex & ViolenceFiche technique :
Scénario : Jimmy Palmiotti, Justin Gray
Dessin : Jimmy Broxton, Juan Santacruz, Romina Moranelli, Rafa Garres, Vanessa Del Rey
Editeur : Glénat Comics
Date de sortie : 18 novembre 2015
Pagination: 144 pages


A History of Violence

Qu’est-ce donc que ce Sex & Violence? C’est un recueil de plusieurs histoires courtes écrites par Justin Gray et Jimmy Palmiotti. Ces histoires ont une origine commune, Kickstarter. Mais j’y reviendrai plus tard, pour l’heure je vais tâcher de vous décrire un peu ce à quoi vous pouvez vous attendre. Le titre ne ment pas, nos deux scénaristes ont voulu créer des histoires qui tournaient autour… du sexe et de la violence. En pratique, on se retrouve avec cinq récits différents, très différents, ce qui est souvent le cas lorsqu’on est en présence d’anthologies.

Ils étaient comme les cinq doigts de la main

On commence en force avec une première histoire, Pornland Oregon, coécrite par Palmiotti et Gray. On est en présence d’une histoire très sombre dans laquelle nous suivons Rick qui va chercher à venger la mort de sa petite-fille, ce qui va l’entrainer dans des milieux sordides. La dernière piste qu’il a est le tournage d’un snuff movie dans lequel sa petite-fille en était tristement le centre d’attention. L’histoire est sale, le dessin de Jimmy Broxton rentre parfaitement dans le ton voulu par les scénaristes. Si le scénario est relativement convenu, il est maîtrisé de bout en bout. On est plongé en plein polar noir, ce qui n’est pas pour me déplaire et est totalement en accord avec la thématique du livre.

Broxton - Sex & Violence

Il pleut, il pleut bergère…

Le second récit, Girl in a storm, bénéficie surtout de fort jolis dessins mettant en valeur les courbes de l’héroïne principale et de ses voisines lesbiennes. Mais par contre, le scénario ne suit pas vraiment. Ça n’est d’une part pas crédible, sachant que notre héroïne est une flic mais semble être cyclothymique et va se mettre à espionner ses voisines à travers sa fenêtre, venant d’un policier on a du mal à le croire. Puis ce récit semble être plus un prétexte pour montrer des femmes nues et respecter le quota de sexe annoncé sur la couverture. On pourrait y voir un hommage à Fenêtre sur cour de Hitchcock, mais tout cela aurait pu être tellement mieux écrit que c’en est regrettable. A mon sens, c’est le gros point faible de cette anthologie.

On suit avec un récit, Dady Issues, qui est un vent de fraicheur. J’aurais pu lui faire le même reproche que Girl in a storm, mais on sent ici que Palmiotti, seul aux commandes, avait juste envie de se défouler en nous décrivant cette courte histoire, mettant en place une mère et sa fille à la recherche du père parfait. Clairement pas subtil, mais certainement drôle. Ici, c’est Romina Moranelli qui est au dessin et qui nous offre des planches plutôt sexys.

sex et violence moranelli

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil

On continue et on change complètement de style avec Red Dog Army. Ce récit se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale, en Russie. Nous faisons la connaissance de Yuri Schlonsky, dresseur de chiens, qui a pour mission de transformer les canidés en arme anti-char. Justin Gray nous décrit une époque très dure où l’humain devait lutter pour sa survie mais où l’espoir n’est pas impossible. Ce récit est poignant et aurait mérité d’être développé un peu plus, on est laissé un peu sur notre faim tant la conclusion  du récit est précipitée.

Et enfin, on termine la lecture sur Filter et on termine en beauté. Le héros de l’histoire, Nico Gallo, se révèle très vite être un tueur sanguinaire et l’usage de monologue intérieur nous confronte à ses pensées les plus intimes et les plus obscures. Une belle façon de conclure ce tome puisque ce récit liera très clairement les deux thèmes du sexe et de la violence. La fin est sympathique, j’y ai vu une réflexion sur la peine de mort, certes subtile.

Del Rey - Sex & Violence

Tu as vu mon substitut phallique?

Au commencement, il y avait deux hommes

A l’origine, Sex & Violence s’est vu financer via Kickstarter. C’est Justin Gray et Jimmy Palmiotti qui ont eu l’envie de publier ces récits matures sans contrainte de censure. Je reprends leur propre propos:

« Travailler sur un projet comme celui-ci ainsi que nos deux précédents projets Kickstarter, QUEEN CRAB et RETROVIRUS, a été très valorisant pour plusieurs raisons. Nous souhaitons aller plus loin avec nos envies et en même temps, trouver ce qui vous intéresse, vous notre public. Avec SEX & VIOLENCE, nous souhaitons atteindre un public plus mature et qui comprend à quel point la vie est dure et réelle, et nous souhaitons mettre en place des situations et des idées dans ce mélange que nous espérons que vous apprécierez de lire encore et encore et que vous souhaiterez ajouter à votre bibliothèque.

Savoir que notre public soutient notre folie nous donne une tonne de libertés pour se lâcher sur des projets comme celui-là… »

Il s’agissait donc pour eux de se faire plaisir et de nous faire plaisir, sans qu’un éditeur ne dicte la conduite à adopter. Ceci étant, je regrette un peu qu’ils n’aient pas osé aller plus loin vu les promesses annoncées. Il est bon de noter que Glénat Comics a pris le soin de rassembler les deux volumes de Sex & Violence, le projet s’étant financé en deux parties. Et c’est une très bonne idée de leur part car l’ensemble y gagne en profondeur. Puis, avouons-le, on en a plus pour notre argent avec cette façon de procéder.

Santacruz - Sex & Violence

Le soulagement du stress pour les nuls, un classique du genre

Plus fait douceur que violence

Le problème des anthologies est bien souvent que les récits qui les composent sont inégaux. Malheureusement, Sex & Violence ne fait pas exception. De plus, le titre est relativement trompeur parce qu’on en aura clairement plus pour la violence que pour le sexe, qui reste présent mais léger. Maintenant, le sexe est affaire de sentiments et les sentiments eux, dont l’amour, sont fort présents. Mais nul doute que Love & Violence se serait moins bien vendu… Trêve de sarcasme, oui ce comic-book reste plaisant à lire, oui il apporte son lot de réflexions et oui, on sent clairement que les auteurs ont cherché à se faire plaisir. Mais il n’empêche qu’il y a un sentiment de trop peu, j’aurais espéré plus de leur part. Par conséquent, je ne recommanderais ce livre qu’aux adultes, pour commencer, qui aiment les deux scénaristes, Palmiotti et Gray ou ceux qui chercheraient des histoires sombres et matures, en notant toutefois que l’ensemble reste fort inégal. Un ouvrage qui se veut audacieux mais qui aurait pu l’être plus en somme. On peut féliciter Glénat par contre qui a été chercher l’ouvrage pour le publier dans la langue de Molière.

Pour se procurer le tome:

Sex & Violence

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