Shazam

Résumé: Billy Batson est un garçon têtu et arrogant, balloté de famille d’accueil en famille d’accueil, jusqu’au jour où il est choisi par le sorcier Shazam, pour devenir le nouveau champion terrestre de la magie ! Mais le retour de Black Adam, ancien détenteur corrompu de ce pouvoir, le forcera à mûrir et assumer enfin ses responsabilités ! (Contient : New52 Shazam! vol1 : JUSTICE LEAGUE 7-11, 0, 14-16, 18-21)


Shazam

Couverture - ShazamFiche technique:
Scénario : Geoff Johns
Dessin : Gary Frank
Editeurs: Urban Comics (Vf) Dc (Vo)
Date de sortie: 14/11/2014
Pagination : 192 pages


Élémentaire,  mon cher Batson

Billy Batson, jeune orphelin de 15 ans, n’a pas eu une enfance facile. Promené d’une famille d’accueil à une autre, il s’est forgé un caractère fort et indépendant. Mais son destin est sur le point de changer… alors que Billy s’apprêtait à fuguer pour fuir sa nouvelle famille qui pourtant l’avait accueilli à bras ouvert, il va se retrouver face à face avec le sorcier. Ce vieil homme attend l’être élu au cœur pur pour lui transmettre les pouvoirs de Shazam et n’est pas convaincu que Billy soit la bonne personne. Mais le jeune homme n’est pas sans ressource et expliquera au sorcier que la personne qu’il cherche n’existe simplement pas, les hommes ne pouvant pas avoir un cœur parfaitement pur.

Sorcier - ShazamA peine devenu Shazam, déjà menacé de mort

Le sorcier va alors confier ses pouvoirs à Billy, pressé par l’arrivée imminente du maléfique Black Adam et touché par les paroles du garçon. Billy pourra alors se transformer en Shazam, une version adulte et gavée de super-pouvoirs de lui-même. Ses premières expériences se limiteront à faire ce que tout enfant ferait avec ce genre de pouvoirs en main, mais très vite il va devoir affronter Black Adam, un super-vilain qui cherche à récupérer les pouvoirs magiques de Shazam. C’est Geoff Johns qui a eu la tâche d’écrire les nouvelles origines de Shazam pour la gamme New 52 de DC et il le fait avec talent. Il prend le temps d’introduire tous les éléments qui font du héros ce qu’il est, tout en n’oubliant pas les lecteurs qui connaissent déjà le personnage. Nous voilà en présence d’un univers dont la mythologie fourmille de détails, mais on ne se sent jamais perdu. Du bon !

Black Adam 1 - Shazam

En trois lettres: DTC… ainsi moururent ces deux hommes

Point culture

Petit retour en arrière sur les origines du personnage, avant donc ce reboot de Geoff Johns. Shazam, anciennement appelé Captain Marvel, est créé en 1939. Ce nom n’est pas un hommage à Marvel, mais le diminutif de Marvelous (merveilleux en français) C’est le directeur de la maison d’édition dans laquelle il a vu le jour, Roscoe Kent Fawcett de Fawcett Comics, qui dira à l’équipe en charge du héros : « Donnez-moi un Superman, seulement faites que son autre identité soit celle d’un enfant de 10 ou 12 ans plutôt qu’un adulte. » Ce qui explique donc pourquoi, et ce depuis le commencement, Shazam partage son corps avec celui d’un enfant.

Au commencement - ShazamSHAZAM, expliqué pour les nuls

Idée qui peut paraître étrange mais qui connaîtra un succès puis qu’il dépassera les ventes des magazines de Superman pendant les années 40 et sera le premier super-héros à être adapté en film (Adventures of Captain Marvel) Ce succès ne sera pas au gout de tout le monde, Detective Comics (notre DC actuel) intentera une action en justice, déclarant que Captain Marvel est basé sur Superman, ne respectant pas leur droit d’auteur. Cette dispute trainera plusieurs années, de 1941 jusqu’en 1952, et finalement Fawcett Comics jugera que le personnage n’était plus assez rentable et cessera de publier les aventures de Captain Marvel. La suite est tout autant folklorique, en 1972 DC Comics décidera de remettre le héros au gout du jour, alors que la maison d’édition était responsable de sa disparition. Problème pour eux, le nom était alors associé à un héros de chez Marvel… pas de soucis, ils renommèrent le titre Shazam !

Shazam par Alex Ross

Alex Ross et Shazam, une belle histoire et un beau dessin

Geoff Johns à la rescousse

Revenons-en à notre comics maintenant. Geoff Johns réussit ici à nous rendre crédible cet enfant se trouvant avec les pouvoirs d’un surhomme. Billy veut profiter de sa nouvelle apparence pour draguer des femmes, par exemple, ou aller boire une bière. On reste cependant dans une ambiance bon enfant, pas de dérapage, pas de glauque, on a l’impression d’être en face d’un film de notre enfance comme les Goonies, où des enfants se trouvent embrigadé dans une belle et grande aventure. Pour Shazam, c’est la même chose, les pouvoirs de Billy lui tombent dessus et avec le temps, il apprend à en assumer les responsabilités tout en gardant le caractère qui lui est propre. Parce que, oui, Billy est un sale gamin, mais on s’y attache. Notamment parce que Johns le fait évoluer, on le voit d’abord se refuser à s’attacher à sa nouvelle famille d’accueil, puis finalement s’ouvrira à eux et ira jusqu’à les protéger lorsqu’ils sont en danger, mettant sa vie en péril. Puis Geoff Johns en profite pour nous placer Black Adam comme premier adversaire et pour nous expliquer ses origines également. Il parvient à nous offrir un opposant qui a tout du vrai méchant et qui permettra à Billy d’ouvrir les yeux sur les dérives du pouvoir qu’il possède.

En personne - ShazamLe héros à capuche est né

Au niveau du dessin, c’est magnifique. Gary Frank nous offre un jeu avec les ombres, donnant par moment un côté sombre au récit et magnifiant les effets de lumière, qui sont nombreux. La capuche ajoutée au costume de Shazam, par exemple, lui permettra de faire apparaître des zones d’ombres sur le visage du héros, un apport de charme pour le héros. Et son travail sur les visages est également exemplaire, très expressifs, très détaillés.

Shazam !

Encore une réussite pour Geoff Johns. Après son travail sur Aquaman, que je recommande également, le voilà à travailler sur Shazam. Il réussit à dresser le portrait de cet enfant héros malgré lui, à le rendre intéressant et à nous offrir un adversaire charismatique. Je reprocherai l’astuce un peu facile utilisé par Shazam pour vaincre Black Adam… sérieusement, il est vieux de plusieurs centaines d’années et il se fait avoir comme ça ?

Black Adam 2 - ShazamJe suis vieux et un peu sénile, dur la vie de Black Adam

Et la présence d’autres super-vilains qui feront office de figurants, à mon sens on en aurait pu s’en passer. Ce comics est frais, plaisant à lire, j’étais vraiment sous le charme et le fait que cela se déroule en hiver, sous la neige, contribue à lui donner un petit côté conte de Noël. Notons que Shazam n’a pas eu droit à une série qui lui est propre, ces numéros sont parus dans ceux de la Justice League et c’est Urban qui a eu la bonne idée de nous fournir ce tome les contenant tous. Alors si vous aussi, vous avez rêvé, enfant, d’avoir des pouvoirs, Shazam est fait pour vous. Et si ce n’est pas le cas, ça ne devrait pas vous empêcher d’apprécier l’ouvrage. Comme le dirait Billy: Shazam!

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