Harley Quinn – T02 : Folle à lier

Il sortait pour la Saint-Valentin : comment résister ? J’ai acheté le tome 2 des aventures solo d‘Harley Quinn et l’ai embarqué dans mes valises pour Londres. Ayant adoré le premier tome, j’avais super hâte de lire la suite. Malheureusement, le récit pas à la hauteur de mes espérances. Je vous raconte ça plus bas.

Résumé : Entre combats clandestins insensés, matchs de Roller Derby et spectacles de danse burlesque, l’exubérante Harley Quinn poursuit son quotidien effréné de gérante d’hôtel à Coney Island. Jusqu’au jour où l’héroïne Power Girl vient s’écraser à ses pieds. Frappée d’amnésie, la puissante kryptonienne se retrouve malgré elle entraînée dans les missions abracadabrantesques de sa coéquipière autoproclamée. Un duo de choc pour des adversaires inattendus.

Contient les épisode US : Harley Quinn prend d’assaut la Comic-con / Harley Quinn invades Comic-Con international San Diego; Harley Quinn Annual 1 (Ça sent le roussi); Harley Quinn 9 à 13 (Folle à lier); Harley Quinn Futur End 1 (Mourir d’amour).


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Harley Quinn – Tome 2

Fiche technique :
Scénario : Amanda Conner, Jimmy Palmiotti
Dessin : Chad Hardin (entre autres)
Éditeurs : Urban Comics (VF) /  DC Comics (VO)
Date de sortie : 12 février 2016

 

 

 


Lors de mes recherches sur Power Girl, j’avais vu passer quelques couvertures réunissant mes deux héroïnes préférées, j’attendais donc avec impatience le récit de leur rencontre. Celui-ci arrive dans la seconde moitié du bouquin, ce qui fait qu’il faut patienter jusque-là. Je vais évoquer les différents récits qui précédent cette histoire, vous trouverez peut-être quelques spoilers, beware.

Ce qui se passe à San Diego reste à San Diego

Le tome 2 commence avec une charmante parenthèse, une aventure d’Harley et ses amis du Club Macabre  à la San Diego Comic Con. Ceux-ci tiennent un stand et vendent des T-shirts, alors qu’Harley souhaite, elle, présenter son projet de comics à des éditeurs (car oui, elle dessine !). Bien sûr, tout ne se passera pas selon ses plans.

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♫ Quand on arrive en viiiille… ♫

Dans les bons côtés, le récit est dense et coloré (on n’a pas le temps de s’ennuyer), et quelques scènes m’ont fait sourire. Par exemple, quand Harley croise une dizaines de fans déguisées en… Harley, déterminées à répandre « chaos et pandémonium ! »,  et qui après un accident de limousine et une descente de police décident que « l’année prochaine on se déguisera en Supergirl. »

J’aime aussi le comique de répétition quand les vigiles trouvent une raison (méritée), chaque jour, de la virer du site. L’ambiance d’une convention est relativement bien rendue, il y a de nombreuses private jokes, et des cameos de vrais auteurs ou acteurs. Et les pitch de séries télé sont tout simplement hilarants (et de plus en plus absurdes).

harley-quinn-folle-a-lier-pitch-serieEt encore elle ne parle pas de la série où un ancienmarineamnésiquedécouvrequesesamisontététransformésenanimauxpardesextraterrestresinfiltrésdanslegouvernementpourquisonanciennepetiteamietravailleentantquagentsecretesttransforméeenrobot

Dans les mauvais côtés, voir le personnage d’Harley en groupie niaise m’a relativement refroidie. Elle est très puérile, ce qui est renforcé par l’humour pipi-caca de l’épisode (son héroïne, Gerbe Girl, a le pouvoir de… vomir abondamment). De plus, deux scènes que j’aurais trouvées intéressantes à raconter sont simplement sautées sous le prétexte de « on vous épargne la scène, ô lecteurs sensibles » (par exemple quand Harley tombe avec ravissement sur une pièce remplie de fans déguisés en Joker).

L’attaque du gros œuf qui vient de l’espace

Pour l’épisode suivant, on est de retour à New York. Harley se fait (littéralement) catapulter à Arkham, à la recherche de sa besta Poison Ivy qui est enfermée depuis quelques jours sans donner de nouvelles. Harley finit par retrouver son amie, amnésique, aux mains d’un couple de scientifiques qui utilisent ses talents de biologiste pour assouvir leurs plans maléfiques.

Si l’idée d’origine est alléchante, cet épisode m’a consternée à deux niveaux. Tout d’abord, pour la scène racoleuse où Harley embrasse Ivy pour « lui faire retrouver la mémoire » (fan service bonjour). D’autre part, pour la platitude de la résolution du conflit : le gros méchant alien renonce à ses plans de conquête du monde à coup de bisous et de câlins et accepte de travailler pour le Club Macabre en tant que… styliste. C’est là que j’ai eu l’impression que l’ambiance décalée du monde d’Harley atteignait ses limites.

harley-quinn-folle-a-lier-poisonivy-annual1C’est sûr que c’était l’unique solution pour faire retrouver la mémoire à Poison Ivy…
(Ah non, suffisait aussi d ‘attendre que le gaz se dissipe.)

La destruction d’une bouteille de gaz hallucinogène est l’occasion de répéter l’excellente idée du tome 1 (intégrer une suite de scènes au style varié réalisées par plusieurs dessinateurs différents), mais le charme n’y est plus. De plus, le trip « odorama » m’a totalement laissée de marbre (Harley s’adresse directement au lecteur en décrivant les odeurs, souvent pestilentielles, de certaines scènes).

harley-quinn-folle-a-lier-annual1Un trip psychédélique dans un délicieux style art déco.

Le niveau remonte et… coucou Power Girl !

La troisième histoire confronte Harley à un stalker qui se décide de l’enlever pour la garder chez lui (à nouveau, une résolution de conflit assez décevante). C’est également le premier chapitre « officiel » de l’histoire Folle à lier.

Par contre, j’ai eu beaucoup plus de plaisir à parcourir l’histoire suivante, qui raconte un match d’Ultimate Roller Derby ! Le rythme est plus entraînant et je retrouve l’humour noir et décalé  d’Harley Quinn. Le fait que j’accroche plus au récit aurait dû me mettre la puce à l’oreille : c’est en fait le prologue du récit de l’arrivée de Power Girl, puisque l’histoire se termine par la chute de ce qui semble être une météorite en plein Coney Island.

(Chad Hardin est maintenant aux dessins, et c’est très agréable.) Se rendant sur le lieu de la catastrophe, Harley reconnaît immédiatement la blonde héroïne (rendue amnésique par le choc), et va tenter de la distraire de sa mission première, à savoir « être amie avec ce bat-naze qui fait la vie de son poussin un enfer ». Pour cela, elle va convaincre « Pégé » qu’elles forment toutes les deux une paire de super-héroïnes et vont partir ensemble combattre le crime.

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Vaut mieux pas vexer Power Girl (Harley s’était moquée de sa nouvelle coupe de cheveux post-explosion).

Le duo mal assorti forme une combinaison amusante, car Harley met peu de temps à retomber dans ses travers (elle aime tuer les gens après tout), ce qui lui vaut moult gros yeux réprobateurs de Power Girl. Leur aventure spatiale est également évoquée, puisqu’elle forme une parenthèse du récit. C’est frais et léger, mais peut-être un peu trop léger.

harley-quinn-folle-a-lier-cleavageOn a beau être la femme la plus puissante de la Terre, tout ce qu’on retient de vous c’est votre décolleté.

L’histoire est globalement sympathique mais pas inoubliable. Power Girl est égale à elle-même, avec son sourire, son énergie, et l’amour de son prochain. Par contre, et à mon grand dam, les remarques sexistes qu’elle subit d’habitude sont hélas très présentes, et ça m’a sacrément refroidie.

Épilogue sous les Tropiques

harley-quinn-folle-a-lier-joker-coverLa dernière histoire se déroule aussi en dehors de New York, pour un épisode hors-continuité. Le jeu en vaut la chandelle, puisque suite à un crash d’avion, Harley débarque sur une île exotique où elle retrouve son biquet de toujours, le Joker !

C’est à nouveau Chad Hardin qui a dessiné l’histoire. Et vous aurez peut-être eu l’occasion de voir circuler les superbes couvertures de Conner lors de la Saint-Valentin (comme ci-contre).

Le ton est décalé et ne se veut pas très sérieux, et on a l’occasion de voir se développer la relation amour-haine entre ces deux super-vilains. Si les dessins sont chouettes, l’histoire reste assez superficielle, même si le côté glauque de la relation entre les deux super vilains est (un peu trop) bien rendu.

C’est sur cette note mitigée que se conclut l’album.

Alors, on achète ou pas ?

J’ai lu tout l’album partagée entre la désolation et la colère. Le style des dessins est irréguliers, et certains épisodes sont limite moches, surtout si on s’est habitué, comme moi, au style rond et Conner ou Chardin (mais bon, les goûts et les couleurs).

L’humour noir a disparu aux profits de blagues scatologiques. Harley est réduite à une sorte de bimbo écervelée, une fofolle puérile dont l’aspect glauque, trash ou inquiétant du premier tome n’est plus qu’un lointain souvenir. Le ton n’est plus grinçant, il est au mieux grand-guignolesque. Les tenues et les poses d’Harley sont sexualisées comme n’importe quelle malheureuse héroïne de la vieille époque (la faute aux dessinateurs), et le traitement sexiste de Power Girl est juste révoltant (la faute aux scénaristes), ce qui est d‘autant plus décevant que Palmiotti et Conner avaient réussi à maintenir un certain équilibre dans d’autres numéros.

Alors, je dirais oui, achetez-le si vous êtes fan d’Harley et que vous voulez compléter votre collection.

En plus, la couverture est sympa.

Pour se procurer le tome:

Harley Quinn – T02 : Folle à lier

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