The Bunker – T01: Capsule Temporelle

Résumé : Alors qu’ils sont en train d’enterrer leur « capsule temporelle » au fond d’un bois, cinq adolescents découvrent un mystérieux bunker métallique enfoui sous la terre. À l’intérieur, cinq lettres venues du futur adressées à chacun d’entre eux… et écrites par eux-mêmes ! Alertés sur la fin du monde imminente dont ils seraient les responsables, les cinq inséparables commencent à se diviser. Leur amitié va-t-elle résister à cette terrible révélation ? Car si l’on sait à l’avance les choix à ne pas faire, le futur peut changer. Mais en meilleur ou en pire ?


The Bunker – Tome 1

the bunker coverFiche technique:
Scénario : Joshua Hale Fialkov
Dessin : Joe Infurnari
Editeurs: Glénat Comics
Date de sortie: 09 Mars 2016
Pagination : 128 pages


Les Goonies version adulte?

Un groupe d’amis (Grady, Billy, Daniel, Natasha et Heidi) décident de fêter leur entrée dans la vie adulte en organisant un événement mémorable, plutôt bon enfant d’ailleurs. Ils souhaitent enterrer une capsule temporelle (je vous avais déjà parlé du concept dans ma critique de Marineman) pour pouvoir se remémorer leur passé ensemble sauf que… lorsque le premier coup de pelle est porté, Grady cogne contre un objet en métal. Cet objet est une trappe portant leur nom à tous, tous sauf Billy.

the bunker 2
Une question qui va trouver une réponse…

La trappe, elle, donne sur un bunker qui s’avère contenir des lettres qui leur sont adressées et écrites de leurs propres mains. Ces lettres proviennent du futur et prédisent la fin de l’espèce humaine. Et comme si tout cela n’était pas assez, les responsables de l’apocalypse à venir ne sont autres qu’eux-mêmes… Dès lors que faire? Faut-il essayer de changer les choses ou simplement laisser les événements se dérouler comme il est prévu? Une histoire pleine de mystères et de réflexions mise en scène par Fialkov, qui est en grande forme. Le récit ne prend pas le lecteur par la main, il est riche en rebondissement et est intelligemment écrit.

Dans quel état j’erre?

On sent clairement à la lecture de The Bunker que Fialkov s’est inspiré de la série Lost, par l’emploi de flashforwards et de flashbacks. On nous fait voyager du présent vers un futur qu’on suppose hypothétique mais qui se met peu à peu en place. Ceci permet de mettre en scène plusieurs twists scénaristiques, expliqués par les événements à venir mais qui prennent place dans le présent.

the bunker 3

Lost, une référence qui se ressent tout au long du livre

Un exemple qui ne devrait pas vous gâcher la lecture du livre, le fait que Natasha dans la lettre qu’elle reçoit se voit expliquer que son petit-ami actuel, Daniel, l’avait trompé avec sa meilleure amie Heidi. Forcément cette révélation vient bouleverser la structure de notre petit groupe et si la Natasha du futur a visiblement pardonné au Daniel de son époque, il n’en est pas encore de même dans le présent où la blessure s’avère bien trop vive pour qu’ils puissent avancer sereinement. Fialkov joue ainsi avec les époques pour insuffler constamment de nouveaux éléments dans son récit, l’étoffant. Et il ne se contente pas d’utiliser leur futur, il va aussi piocher dans leur passé, avec certains passages assez difficiles au niveau du contenu. Au final, tout cela nous offre des personnages extrêmement travaillés, qu’on apprend à connaître au fur et à mesure de notre lecture.

the bunker 1

Il y a des souvenirs plus agréables que d’autres…

Les enjeux, eux, sont multiples puisqu’ils vont concerner leurs vies mais aussi le reste du monde. Et c’est encore là que Fialkov réussit à nous faire croire à son histoire. Ces personnes ne sont pas nombreuses mais elles vont toutes prendre part à ce qui va condamner l’espèce humaine. Et même si les explications nous parviennent au compte-goutte, tout se met en place dans une structure cohérente rendant le tout très réel. On sent l’envie de Fialkov de nous rendre son univers crédible jusque dans le lettrage, puisque les lettres écrites de nos héros le sont de manière manuscrite, de sorte qu’elles sont parfois difficiles à lire. Cela demande un effort qui peut ne pas faciliter la vie du lecteur, mais qui contribue un peu plus à donner l’impression que cela pourrait se produire dans notre monde.

Cinquante nuances de Infurnari

Joe Infurnari, que j’ai découvert sur ce récit, est en charge des dessins et de la colorisation. C’est un excellent choix car il apporte réellement quelque chose en plus. Il parvient sans difficulté à caractériser chacun des personnages par des particularités physiques, nous permettant de les identifier facilement. Il nous fait l’effort aussi de leur donner des proportions somme toute banales, on pourrait facilement imaginer croiser les personnages en rue. Ici, pas d’énorme poitrine pour les demoiselles ni de héros à la musculature disproportionnée. Le seul soucis vient peut-être des scènes d’actions qui ont tendance à devenir assez brouillonnes, obligeant de relire plusieurs fois certaines cases. Notons aussi que l’ensemble de l’ouvrage semble oppressant, avec des décors épurés et des couleurs sombres, laissant la part belle aux expressions souvent horrifiées des personnages.

the bunker 5

Une photo qui laisse place à l’imagination

To be continued…

A la fin de ce premier tome, on se retrouve avec plein de questions, questions auxquelles j’espère trouver des réponses. Et c’est là que le parallèle avec Lost prend tout son sens puisque la série fonctionnait de la même manière, apportant plus de questions que de réponses, donnant envie aux spectateurs de voir la suite. Et bien The Bunker marche de la même façon, tout le long du livre j’ai attendu des réponses qui sont venues pour certaines mais alors que j’obtenais une réponse, je me retrouvais avec deux énigmes à résoudre… et je veux savoir ce qu’il va se passer pour notre petit groupe. Il ne s’agit pas d’un ouvrage à mettre entre toutes les mains cependant.

the bunker 4

Infurnari s’essaie à l’action, parfois ça marche

Le ton du récit est sombre et si, par exemple dans Low, on peut parfois espérer que tout finisse par s’arranger, ici on se doute que tout ira pour le pire. Pas de place pour le positivisme dans The Bunker. Et comme Fialkov fait en sorte qu’on puisse facilement avoir l’impression que tout ceci pourrait réellement se produire, cela renforce encore le sentiment d’angoisse lié au livre. Ce n’est pas un récit horrifique à proprement parler, mais clairement très noir, vu que le récit semble défendre le fait que la fin justifie les moyens, et que nos héros sont amenés à accomplir des actes répréhensibles tout en utilisant l’excuse du bien commun. Le genre de récit qui me donne l’occasion de me poser la question de savoir ce que je ferais à leur place, mais pour lecteurs avertis donc.

Pour se procurer le tome:

The Bunker – T01: Capsule Temporelle

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*