Suiciders – T01: Des Hauteurs de l’Abîme

Résumé: Entre les murs de New Angeles, seuls les plus forts ont une chance de survivre. Tandis que les habitants vivent au rythme de la violence et de la pauvreté, une nouvelle forme de divertissement fait son apparition : des combats à mort de gladiateurs devenus machines de guerre, les Suiciders. Parmi eux, le Saint s’est donné pour mission de nettoyer la cité des indésirables et ainsi rebâtir les fondations d’un monde meilleur. Mais l’homme aussi à ses secrets, et certains pourraient bien remettre en cause ces nobles motivations.


Suiciders – Tome 1

suiciders 1 coverFiche technique:
Scénario : Lee Bermejo
Dessin : Lee Bermejo
Colorisation: Matt Hollingsworth
Pagination: 160 pages
Editeurs: Urban comics (Vf) / Vertigo (Vo)
Date de sortie:  22 Avril 2016


La cité des anges

On démarre en posant les bases du récit, un terrible tremblement de terre a eu lieu, le Big One. Il a démoli la ville de Los Angeles, n’y laissant que des ruines. Et nous voilà bien des années plus tard, la ville a été reconstruite du moins en partie, avec un mur séparant la New Angeles de la Lost Angeles. Les deux noms ne sont pas anodins, puisque vous retrouvez d’un côté les riches qui se considèrent comme l’élite et de l’autre côté les pauvres rêvant d’un jour pouvoir passer le mur.

suiciders 1 1Un sport plutôt violent

Pour distraire les gens suite au Big One, un nouveau sport a vu le jour opposant des Suiciders, gladiateurs des temps modernes. Il s’agit de combats à mort, d’où le nom de Suiciders, dans lesquels des combattants altérés par la chirurgie s’affrontent dans une arène truffée de pièges. Et nous allons suivre d’un côté le Saint, un Suicider qui considère que le Big One était une bonne chose et de l’autre côté, un nouvel arrivant qui va tenter de se faire sa place en arrivant à Lost Angeles. L’occasion pour nous de pouvoir contempler le fonctionnement de chacune des parties de la ville. En peu de temps, Lee Bermejo arrive à rendre son univers crédible et nous emmène dans un récit mêlant critique sociale et action brutale.

Merry Christmas

Lee Bermejo, plus habitué à dessiner qu’à écrire, n’en est cependant pas à son premier coup d’essai. Il avait ainsi oeuvré sur Batman: Noël, que j’ai apprécié également, et s’était essayé à l’écriture. Ici, il nous emmène directement au cœur de son univers, si bien qu’on ne réalise pas tout de suite vers où se dirigera l’histoire.

suiciders 1 3Le Saint dans toute sa splendeur

D’un côté, nous avons les habitants de New Angeles qui sont riches, sont refaits de partout. Le Saint dira d’ailleurs qu’en moyenne les habitants ont subi trois opérations de chirurgie esthétique. De l’autre côté, les citoyens de Lost Angeles vivent dans la misère et n’ont comme seul espoir que d’arriver à pénétrer à New Angeles. Faut-il y voir l’image de migrants qui fuient leurs conditions difficiles de vie pour espérer obtenir une meilleure situation? Très certainement. Cependant, Bermejo ne se contente pas seulement de parler de la misère humaine, il dépeint aussi cette société élitiste et décadente qui préfère fermer les yeux sur les tragédies qui pourtant prennent place juste à côté de chez eux. Un regard corrosif sur la société américaine, voir la société tout court, posé par le scénariste. Mais Suiciders, c’est aussi le Saint et les mystères qui l’entourent.

suiciders 1 5Une dernière volonté?

Et si l’histoire met du temps à se mettre en place, on finit par se prendre au jeu et on se demande qui est cet homme et quels sont ses objectifs? Est-il une simple marionnette au service d’un gouvernement cherchant à amuser le peuple ou bien peut-être y a-t-il bien plus à découvrir? Ce n’est pas en finissant le tome qu’on obtiendra toutes les réponses, nous donnant l’envie de lire la suite.

Sous le soleil des tropiques

C’est également Bermejo qui dessine ici. Dois-je préciser que le tome est magnifique? Qu’il dessine des plans éloignés nous offrant une vue de New Angeles ou Lost Angeles, qu’il dessine des plans rapprochés où on peut presque sentir le regard des personnages se porter sur nous, l’artiste est en grande forme. Suiciders, on le sent, est son enfant et il en prend grand soin. Le Saint est imposant, un colosse, une sorte de Bruce Wayne en plus inquiétant, et l’étranger venant de débarquer à Lost Angeles l’est encore plus. Malgré de simples gants de boxe comme arme, il démonte littéralement ses adversaires et Bermejo arrive sans mal à nous faire ressentir la violence de ses coups. Pour l’aider, Matt Hollingsworth s’est occupé de la colorisation et il le fait avec brio.

suiciders 1 2D’un côté Lost Angeles et de l’autre New Angeles, opposition de couleurs

Beaucoup de tons oranges au court du récit, pour nous faire ressentir la chaleur de Los Angeles, et nous faire presque suffoquer. Puis vient le mélange entre New Angeles plus terne, plus sombre et Lost Angeles aux couleurs vives, opposant si nécessaire les deux ambiances. La colorisation est au service du récit, c’est vraiment très appréciable et je suis définitivement amoureux de Matt Hollingsworth.

Du pain et des jeux

Suiciders est une bonne surprise. Adulte dans le ton, dans le dessins, dans les thèmes abordés, on comprend aisément qu’il soit paru chez Vertigo (en VO). Bermejo avait expliqué qu’il y avait beaucoup de lui dans le récit, difficile de faire le tri, mais il est certain que l’auteur cherche à pointer du doigt certaines choses. Si l’idée de mettre en place des jeux sanglants pour distraire les foules n’est pas neuve (Running Man par exemple, Gunnm, …), Suiciders ne se contente pas uniquement de ça.

suiciders 1 4Traverser le mur et espérer des jours meilleurs

Bermejo en profite pour donner sa vision de la société américaine et les disparités qui existent entre les riches et les pauvres. Au final, je lui reprocherais quand même une certaine lenteur dans le récit car on ne sait pas encore exactement vers où nous nous dirigeons à la fin de ce premier tome, mais il n’empêche qu’on est en face d’un univers cohérent, bien dessiné, bien colorisé et offrant la vision de Bermejo sur notre société. Il vous suffit de feuilleter le livre pour savoir s’il vous plaira, le tout étant d’apprécier le style de Bermejo.

Pour se procurer le tome:

Suiciders – T01: Des Hauteurs de l’Abîme

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