Mad Love

Difficile de rester une jeune femme indépendante et sûre d’elle-même quand on tombe folle amoureuse du plus brillant des déments de Gotham. C’est ce qu’apprend à ses dépens l’ambitieuse psychiatre Harley Quinzel le jour où sa route croise celle du Joker, le pire ennemi de Batman. Dès lors, son destin est à tout jamais reliés à son « Poussin » qui, lui, n’a d’yeux que pour son grand oeuvre : la mort spectaculaire du Chevalier Noir ! (Contenu : Mad Love Deluxe Edition + Adventures in the DCU #3 + Batman Holiday Special #1)


Mad Love

mad love coverFiche technique:
Scénario : Paul Dini
Dessin : Bruce Timm
Editeurs: Urban (Vf) / DC (Vo)
Date de sortie: 11 Décembre 2015


C’est un amour de vacances, une histoire sans lendemain

Qu’est-ce que l’amour? C’est une question à laquelle Paul Dini a décidé de donner une réponse. Alors pour lui, il ne va pas être question de remettre une dissertation sur plusieurs pages, non. Au lieu de ça, il va mettre Harley Quinn en scène et nous montrer que, par amour, nous sommes prêts à faire beaucoup de choses. Quant à savoir pourquoi j’ai enfin décidé à lire ce comics (dont j’avais l’acquisition lors de la PCE 2016), c’est après avoir été voir Suicide Squad et d’avoir lu que les scénaristes du film ont totalement dénaturé la relation qu’avait mis en place Paul Dini entre Harley Quinn et son Poussin, le Joker pour ceux qui suivent. Je vous livrerai mon verdict en conclusion, il est temps de laisser la place à la critique de l’oeuvre.

mad love 3Femme qui rit…

On va donc suivre une aventure du côté des méchants, Harley et le Joker tentent de tuer le commissaire Gordon mais Batman intervient. Le Joker veut alors mettre au point un nouveau plan dans le but de vaincre son adversaire de toujours, délaissant Harley. Elle va alors prendre les devants et décider de s’occuper toute seule de l’homme chauve-souris, et chemin faisant, on nous livrera aussi ce qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Le résumé de l’histoire va s’arrêter là, pas besoin de plus sous peine de vous spoiler l’intégralité de l’intrigue. En fait Mad Love aurait pu tout aussi bien être un épisode du fameux dessin animé de mon enfance, Batman la série animée, et c’est d’ailleurs ce qui est arrivé par la suite. En même temps, était-ce réellement étonnant sachant que Bruce Timm était au dessin? Nous avions donc là le scénariste et le dessinateur ayant marqué de leur empreinte le dessin animé (et accessoirement ils ont créé Harley Quinn), l’occasion pour eux de revenir au matériel d’origine: le comics. Difficile de ne pas apprécier, la madeleine de Proust fonctionnant à plein régime pour moi. Mais comme souvent quand j’aime, je critique plus sévèrement (dois-je consulter ou simplement me laisser aller dans une folie douce?)

mad love 4Dentier cherche propriétaire

Et Dieu créa Harley Quinn

Paul Dini nous livre un récit qui est clairement à contre-courant de ce qui se fait de nos jours, mais Mad Love date de 1994. Le Chevalier Noir ne l’était pas autant à l’époque et, même s’il fait partie d’un univers plus sombre que Superman ou Flash, on est encore loin des histoires plus récentes comme celles écrites par Scott Snyder. Donc remis dans le contexte, on comprend mieux le ton léger du scénario, d’autant que ce comics était la continuité de ce qui était fait dans le dessin animé. Dessin animé qui, je le rappelle, est prévu pour les enfants. Mais en creusant, on trouve le génie de Paul Dini et sa faculté à parvenir à s’adresser aux plus jeunes comme aux plus grands. La relation d’Harley est clairement malsaine, elle aime son Poussin, elle l’adore et elle espère de lui qu’il lui porte de l’intérêt. Seulement lui ne se soucie que d’une chose: Batman. Elle passe après Bruce Wayne et ne peut pas le supporter, c’est pour ça qu’elle va se décider à prendre des initiatives.

mad love 2Un petit tour à moto? Non merci

Notons que lorsque Harley suggérera au Joker d’avoir des relations sexuelles, sa réponse sera de la faire descendre à la cave avec les chiens (enfin des hyènes pour être précis, après tout on est chez le Joker ici). Je l’avais signalé, c’est profondément malsain mais un enfant trouverait cela très drôle, j’ai trouvé cela très drôle. Il y a clairement plusieurs niveaux de lecture, bien écrit. Je rajoute aussi, mais là c’est personnel, que je me suis amusé à noter que Mad Love contribue à la théorie voulant que le Joker et Batman partagent une relation amoureuse. Harley n’intéresse pas le Joker et quand elle s’en prendra à Batman, il va en plus chercher à l’en empêcher car ,pour lui, il est le seul à pouvoir mettre la main sur Batou. Cela étant, je doute que ce soit la volonté de Paul Dini et je donnerais cher pour pouvoir le lui demander.

mad love 6Tellement de tension sexuelle dans l’air…

Deux papas pour Harley

J’en ai fini avec Paul Dini, j’attaque Bruce Timm. Et je sais que je ne vais pas faire des amis, mais je ne suis pas fan de l’artiste en dehors de l’animation. Je partais avec un apriori qui ne m’a pas quitté tout le long de ma lecture, malheureusement pour moi. Parce qu’en essayant d’être objectif, je peux difficilement critiquer le travail de l’artiste, tout y est comme dans mes souvenirs d’enfance. Mais je n’arrive pas à me défaire du fait que j’aimerais tant voir les images se mettre à bouger… ce qui ne risque pas d’arriver en lisant un comics. Est-ce que cela gêne la lecture pour autant? Non, loin de là et franchement, c’est personnel parce que je sais, et je comprends, que Bruce Timm compte un nombre impressionnant de fans. En bref, c’est beau, c’est bien mis en scène et les ajouts de Urban sur ce tome aide en plus à comprendre comment opère l’artiste, par l’ajout de planches avec ses annotations à l’intention des coloristes.

mad love 1Quand la réalité vous revient au visage… vous l’enterrez

L’amour est enfant de bohême

Au final, je comprends pourquoi Mad Love est tellement apprécié par les lecteurs et par les critiques. Il a d’ailleurs gagné un Eisner Award en 1994, l’année de sa parution. Petit bémol sur le fait que l’histoire est très courte et que si le tome semble déjà peu épais à la base, et bien c’eut été encore pire si on n’avait pas rajouté une deuxième version de Mad Love, en noir et blanc (je n’y ai pas trouvé grand intérêt), quelques planches de Bruce Timm avec des annotations, des commentaires, des couvertures, bref il y a beaucoup d’ajouts mais j’aurais préféré une deuxième histoire courte par exemple. Mais ça reste un récit qui a marqué son époque et les scénaristes qui auront suivi, un récit qui a défini un peu plus qui était Harley Quinn.

mad love 5Méchant Batou!

Quant à la comparaison entre Harley Quinn dans le film Suicide Squad et dans Mad Love, et bien j’ai été surpris parce que, même dans le comics, elle utilise ses charmes pour parvenir à ses fins. De ce côté-là, je trouve que ce n’est pas trop différent. Par contre, nous avons dans Mad Love une relation profondément malsaine qui unit Harley et le Joker, il ne l’aime pas, il l’utilise et ne se manifeste que quand son jouet menace de lui échapper… dans le film Suicide Squad, et nous aurons l’occasion d’en parler lors d’un podcast à venir, ils semblent s’aimer sincèrement. Et ça tache, parce qu’en plus de ne pas être du tout ce qui caractérise habituellement la relation de ces deux personnages, les rendre amoureux transis n’apporte rien d’intéressant. Je regrette ce que j’ai vu, mais je ne regrette pas ce que j’ai lu. Mad Love est un comics qui peut se conseiller facilement, puisque les enfants comme les adultes peuvent le lire et l’apprécier. Et on remercie Urban de l’avoir réédité, ça le valait largement. Si vous pouvez mettre la main dessus, n’hésitez donc pas. Ça vaut l’investissement.

Pour se procurer le tome:

Mad Love

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