Ninjak – T01: L’Armurerie

On ne devient pas espion en un jour… À l’époque : découvrez Colin King, jeune recrue du MI-6 dans sa première mission, alors qu’il apprend l’art de l’espionnage et noue une dangereuse relation avec sa premère superviseuse… Maintenant : Colin King est Ninjak, le plus grand espion de l’univers Valiant, un maître assassin expert en arts martiaux et gadgets high-tech. Il est en mission pour traquer les Sept Ombres, une cabale secrète de maîtres shinobi qui semble avoir de mystérieux liens avec son passé et son apprentissage…


Ninjak – Tome 1: L’Armurerie

ninjak-1-cover

Fiche technique:
Scénario : Matt Kindt
Dessin : Clay Mann, Butch Guice, Juan José Ryp
Editeurs: Valiant (Vo) / Bliss Comics Vf
Date de sortie: 08/09/2016


Le dernier samouraï ninja

J’ai découvert le personnage de Ninjak lors de ma première convention à Londres, il y figurait sur une des affiches exclusives. Et je dois bien avouer que de voir un ninja sur l’affiche ne m’avait guère enchanté. Puis voilà que lors de ma lecture de The Valiant, je suis retombé dessus. Le héros y apparaissait et avait droit à une scène d’action bien musclée où ses talents de combat et d’infiltration étaient mis en avant. Chose étrange, de le voir ainsi mis en avant, j’eus soudain l’envie de mettre la main sur le tome qui reprendrait ses aventures tt voilà chose faite. Ce premier tome va nous présenter le personnage au travers de flashbacks tout en suivant sa tentative d’infiltrer la société secrète de l’Armurerie.

ninjak-1-4

Dure la vie d’espion? Parfois on en doute

Ninjak est un espion à la solde du MI-6, que les amateurs de films d’espionnage doivent bien connaître, et va devoir accomplir différents objectifs pour parvenir à ses fins, en l’occurrence infiltrer et détruire l’Armurerie. Pour ce faire, il compte remplacer le dirigeant actuel, Kanon, en attirant sa confiance et en se rapprochant dangereusement de lui. Va-t-il y parvenir, finira-t-il par se trahir? Ninjak, ou le James Bond ninja, a été une agréable lecture et j’ai apprécié plusieurs choses sur lesquelles je reviendrai, mais sans occulter le fait que tout n’est pas parfait de l’autre côté de la Manche. Mais je tiens déjà à féliciter Matt Kindt qui aura réussi à me faire apprécier ce héros qui, dès le départ, m’est apparu comme extrêmement ringard. J’étais loin de me douter que je finirais par apprécier le titre… mais avant de continuer ma critique, que diriez-vous d’un petit cours d’histoire?

ninjak-1-acclaim

Ninjak d’un autre temps… (période Acclaim)

Ninjak the Video Game Experiment

Je vais faire l’affront de vous rappeler que Valiant Entertainment a connu des hauts et des bas (j’en parlais d’en ma critique de Shadowman). Et Ninjak en est à sa troisième itération, dû au fait que l’éditeur a connu un premier lancement début des années 90, puis a été racheté par l’éditeur Acclaim et suite à une faillite il disparaît en 2004, puis est réapparu en 2005. La première version de Ninjak était relativement similaire à celle publiée ici, c’était aussi un agent du MI-6 et si on en apprend peu sur les origines du personnage, on le voit évoluer auprès de ses pairs de chez Valiant (Harbinger, X-O Manowar, …) Notons que le comics s’est très bien vendu à l’époque, il a même été le premier des ventes pour le mois de novembre 1993, pas mal non? Ensuite Ninjak est passé dans les mains d’Acclaim et il a alors changé. Denny Meechum, étudiant, résout un puzzle contenu dans un jeu vidéo et se voit transformé en Ninjak, le héros du jeu. Il va alors devoir affronter les ennemis contenus dans le jeu, les Dark Dozen, apparus en même temps que ses pouvoirs. N’ayant pas pu mettre la main sur le comics, difficile de juger de la qualité de ce dernier, toutefois je ressens ici un récit datant d’un autre temps. On comprend pourquoi Matt Kindt a pris la résolution de changer à nouveau le héros.

ninjak-1-1

Silence dans la salle!

Plus tard, je serai ninja, ou alors espion, ou alors …

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que Matt Kindt prend le temps de poser les origines du personnage via l’utilisation intelligente de flashbacks. Très vite lors de la lecture du tome, j’ai ressenti de l’empathie pour le jeune Colin King, nom de Ninjak à la ville, qui est riche, mais a des parents absents et un majordome loin du bon Alfred de Batman, plutôt du genre abusif et violent. En fait, j’ai trouvé un air de Bruce Wayne à Ninjak, mais un Bruce Wayne qui n’aurait pas grandi avec un majordome aimant. Puis il est bardé de gadgets, oeuvre pour le bien, est surentraîné et a visiblement des traumatismes liés à son enfance. Matt Kindt nous met ça et là quelques planches qui détaillent l’attirail de Ninjak, ce qui aurait pu s’avérer anecdotique, mais en légende de toutes ces armes on a le droit à des annotations décrivant le personnage et son enfance, du coup je me suis pris à lire tous les détails. Bien vu.

ninjak-1-3

Toujours sortir couvert… vu par Ninjak

On approfondit notre connaissance du personnage en parcourant le récit sans devoir consacrer un numéro à ses origines, ce qui rend la lecture fluide et comme le jeune Colin King, on se retrouve plonger dans nos rêves d’enfance… parce qu’honnêtement, on a tous rêvé un jour d’être ninja. Et Ninjak est ce rêve devenu réalité, ce rêve d’un enfant qui, un jour où il était au cinéma, a vu un ninja à l’écran et s’est dit que c’est ce qu’il voulait devenir. C’est d’autant plus mis en avant qu’en guise d’introduction on voit Colin qui regarde un film et qui commence par la réplique « Tout ceci est censé m’impressionner? », cette même réplique qu’adulte il délivrera à ses adversaires, mot pour mot. Au final, ça marche bien et tout prend des allures de films d’espionnage, agréable à lire. Si je devais faire un seul reproche au scénario, c’est peut-être que j’aurais souhaité un personnage un peu plus implacable et pragmatique. Ninjak fait parfois preuve de beaucoup (trop?) d’humanité alors qu’on nous le vend comme un assassin… regrettable à mes yeux, mais ce serait oublié les modèles dont il est inspiré (Batman et James Bond principalement). Je pardonne cette faute de gout, mais j’en aurais attendu plus.

ninjak-1-2

Classe, non?

Ninjaaaaaaction !

Au dessin, on retrouve Clay Mann mais pas uniquement… Une autre bonne trouvaille, celle d’avoir choisi un dessinateur différent par période mis en scène. Comme je l’ai dit, on retrouve des flashbacks et ceux-ci prennent place à différentes époques (enfance, entrée dans l’âge adulte, début au MI-6, …). Pour ne pas s’y perdre, on a le droit à différents artistes dessinant les aventures de Colin King, chacun étant attaché à une période en particulier. Après on aime ou non le style des différents auteurs, certains ont un style très marqué (comme Juan José Ryp) mais c’est un parti pris assumé. Quant à Clay Mann qui se charge de la majorité de l’histoire, on le sent plus à l’aise avec les scènes d’action qui nous offrent de belles chorégraphies que dans les moments plus calmes. Vu qu’on est là pour voir notre héros se battre, c’est une bonne chose que ce ne soit pas l’inverse.

ninjak-1-5

Stylé et bien chorégraphié, Clay Mann assure!

Ninjak the movie?

Ninjak est une agréable surprise. Et vraiment je partais sceptique… Un nom caricatural, un design me donnant envie de me moquer gentiment, j’ai commencé ma lecture en me disant que j’allais bien rire au détriment du comics. Au final, je n’irais pas dire que ce comics est excellent car il y a plusieurs choses qui m’ont chagriné et que j’aurais fait autrement, mais il est très bon. Matt Kindt sait qu’il travaille avec une histoire digne d’un film hollywoodien et il en joue, tout simplement. Du coup, on se retrouve plongé dans un film de l’époque des vieux James Bond avec des gadgets complètement fous, de jolies femmes, un méchant très méchant et des révélations disséminées en cours de récit. Ça rend l’ensemble assez prévisible pour les habitués du genre, mais c’est normal. Lire Ninjak, c’est laisser libre cours à notre âme d’enfant et se rappeler toutes les idées farfelues qui nous faisaient rêver… Sur ce je vous laisse, je pars devenir un ninja et sauver le monde! Et Sony si tu m’entends, quand tu auras fini de tourner Bloodshot (et évite de le massacrer), merci de penser à Ninjak.

Pour se procurer le tome:

Ninjak – T01: L’Armurerie

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*