Brian Azzarello présente Hellblazer – T01

Résumé: Survivre dans une prison de haute sécurité gouvernée par des brutes où tout signe de faiblesse est synonyme de mort certaine, telle est la mission de John Constantine. Dans le labyrinthe perfide des gangs et des gardiens corrompus, il devra naviguer avec prudence, en évitant par tous les moyens le big boss de ce lieu de perdition. (Contient : #146-161 + Vertigo Secret Files & Origins: Hellblazer « The First Time »)


Brian Azzarello présente Hellblazer – Tome 1

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Fiche technique:
Scénario : Brian Azzarello
Dessin : Richard Corben, Marcelo Frusin,
Editeurs: Urban Comics (Vf) / Vertigo (Vo)
Date de sortie:  23/09/2016


« Dans ce trou à rat, on a vraiment besoin d’amis »

John Constantine, je l’adore. J’aime son humour, l’univers poisseux et cynique et l’odeur de tabac froid qui se dégage de sa dégaine.  Lui et Spidey, ce sont mes deux revers d’une même pièce, la raison pourquoi je sillonne le monde du comics.

Ma rencontre, en comics avec Constantine, a été plus tardive que celle de Spidey. Tout à commencer par le film que j’avais adoré à l’époque (oui je vois vos regards qui jugent et oui maintenant je vois à quel point le film n’est pas paillette et chocolat mais j’étais jeune à l’époque, j’ai des excuses) qui m’avait motivé à regarder la série et là ce fut le choc.

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Constantine feat Oz

J’avais un John Constantine blond avec un accent à couper le couteau et, qui plus est, ce n’était vraiment pas un cadeau. Perturbé j’ai donc profité de la réédition des aventures de Constantine pour lire « Garth Ennis présente Hellblazer » pour retourner aux sources du personnage. L’uppercut fut direct, la série était encore trop gentillette (même si plus fidèle que le film) et le Constantine qui s’offrait alors à moi était le pire pourri qui existe, un anti-héros que je ne pouvais qu’aimer.

Résultat des courses je n’ai jamais fait de critiques des ouvrages d’Hellblazer parce que j’étais simplement convaincu que tout avait été dit et mieux que moi. Entre-temps vient de paraître le premier tome du run de Brian Azzarello (que j’ai aussi bien sûr acheté) qui est tout simplement excellent. Prenant mon courage et marchant sur mes craintes, je me suis donc convaincu de laisser une trace sur le site de Be Comics des pérégrinations du blondinet écossais.

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En prison, le gars est comme à la maison

« Comment, pas de silk cut ? »

On commence donc par la première histoire « Hard Time ». Cette première partie envoie Constantine derrière les barreaux et nous narre son séjour.  Je profite de l’introduction pour parler du dessin de Richard Corben. Clairement on aime ou on n’aime pas (et spoiler alert perso ce n’est pas ma came mais…) mais son style va avec l’histoire et le rendu « cartoon » durcit le récit avec ses personnages aux grands visages grimaçants.

Côté récit d’ailleurs, c’est du pur jus Constantine.  Il arrive en prison (pour des raisons qui seront évoquées en flash-back sans trop rentrer dans les détails), il va rencontrer les différents gangs présents et comme c’est Constantine himself, ça va dégénérer.  Azarello rend bien l’univers carcéral et le peu de magie que Constantine utilise est bien amené que ce soit dans l’histoire ou les dessins. Un bon moment à plonger dans la misère humaine et les manipulations du perfide écossais.

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Ça ne sert à rien de s’énerver… à rien, vous avez compris? Ha ha ha…

« T’as vraiment branlé le pape ? »

Histoire numéro deux (et la meilleure selon moi) « De bonnes intentions ».  Ici on est dans une histoire plus intimiste. Constantine se rend à Doglick pour présenter ses hommages à la veuve d’un gars qu’il a abattu. La première partie se concentre sur le voyage en auto stop (car l’écossais n’a pas de voiture) jusque-là et nous offre deux tranches malsaines d’automobilistes comme je les aime. Rien que la route parsemées d’animaux morts et les discussions autour, c’est que du bonheur.

La seconde partie se concentre sur Doglick. Difficile d’en parler sans spoiler mais le secret que cache ce petit village qui s’est pris la fermeture d’une usine et le chômage qui s’en accompagne, vaut le récit à lui seul. Là aussi on visite la misère humaine sur fond de cigarettes et de whisky bon marché et pas le moindre héros à revendre pour sauver l’histoire.

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Niveau dessin, c’est Marcelo Frusin qui est à la plume. Le dessin est moins « typé » que Corben (bon après c’est facile) sans pour autant respirer la joie de vivre. Il y a quelque chose d’inquiétant dans le regard des personnages de Frusin qui m’a marqué.

« Tu connais celle de l’anglais qui rentre dans un bar »

Récit le plus court du recueil qui met en scène (le lien wiki n’est pas très fourni mais comme ça vous avez quelques mots sur cet agent du F.B.I. qui va devenir un des alliés de notre blondinet occultiste) et John Constantine sur fond de discussions entre des potes qui découvrent que le gars qu’ils ont buté n’est pas vraiment mort. C’est court, simple et sans prétention. Niveau dessin, c’est Steve Dillon,  qui a déjà travaillé avec Garth Ennis sur Hellblazer pour la petite histoire.

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Et après ça, on va se plaindre que je ne fais pas souvent le ménage?

« La mort est un truc que tu convoites, pas que tu distribues »

Dernier récit du tome « Jusqu’à ce qu’il gèle », un huis clôt dans un diner alors qu’une tempête de neige fait rage. Le canevas est simple, mettez des civils, trois criminels, un abominable tueur des neiges, Constantine et attendez que les choses se corsent. L’histoire est fluide, Constantine un manipulateur cynique, tous les ingrédients pour une bonne histoire.  Et cerise sur le gâteau, la première mort est causée par une chute de stalactite.

Au dessin c’est le retour de Marcelo Frusin, mes remarques concernant l’histoire numéro deux sont valables ici.

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Non, c’est James Bond! Connard!

« Ce petit con, il m’a chouravé le paquet de clope »

Dernier récit qui fait ici office de Story Origin. On y retrouve un Constantine gamin qui assiste à un cadavre qu’on repêche. L’histoire est sans prétention et on s’amuse à voir l’ombre de l’adulte derrière les sarcasmes de l’enfant. Sympathique petit récit donc pour conclure le tome.

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Constantine, l’ami des animaux… mais alors uniquement des animaux

« La foi, la peur, c’est c’qui relie l’humanité »

Conclusion de tout ça c’est que j’ai bien aimé les aventures de Constantine. Alors certes j’avais lu sur des forums que ça manquait de fil rouge et que les récits étaient épars. Pour ma part ce côté road movie est plutôt une des qualités du récit. Certes pas de grands méchants, pas d’intrigue complexe, juste un blondinet confronté à ce que l’humanité fait de plus pathétique et de plus dangereux à la fois.  C’est ce qui d’ailleurs le différencie de Garth Ennis et ses récits emprunts d’occultisme onirique et enfer dantesque, ici on est dans le monde normal et la magie c’est principalement une sale affaire de prestidigitation.

Et en plus le tome est parsemé de covers de Tim Bradstreet qui sont juste à tomber ! Que demander de plus ? (Excepté des poumons neufs, des silk cut et une bière fraîche).

Pour se procurer le tome:

Brian Azzarello présente Hellblazer – T01

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