Jem & les Hologrammes – T01: Showtime

Résumé: Jerrica Benton, alias « Jem », est la fille du patron de la maison de disque Starlight Music. À la mort de son père, elle hérite de la moitié de la société ainsi que d’une pension pour orpheline, qu’elle tient avec sa sœur Kimber et ses deux meilleures amies Aja et Shana. L’autre moitié de Starlight Music est détenue par l’ancien associé de son père, Eric Raymond. Individu sans scrupule, il décide de faire représenter son label par les Misfits, un groupe pop-rock de 3 jeunes filles aussi énergiques que désagréables, à l’issue d’un concours de jeunes talents complètement truqué. Outrée de voir la réputation de l’entreprise de son père entachée de la sorte, Jerrica décide de monter avec ses amies un autre groupe : Jem et les Hologrammes !


Jem & les Hologrammes – Tome 1

jem-1-coverFiche technique:
Scénario : Kelly Thompson
Dessin: Sophie Campbell
Editeurs: Glénat Comics
Date de sortie: 02 Novembre 2016


Son nom, c’est Jem

Jem (& les Hologrammes), c’est avant tout pour moi un dessin animé que je suivais de loin quand j’étais encore jeune, soit il y a quelques années déjà. Au programme de ce dessin animé, un générique entêtant dont je connais les paroles par cœur (comme la grande majorité des séries de cette époque: Dragonball, Ranma 1/2, Jayce & les conquérants de la lumière, …), de la musique, un groupe de méchantes vraiment très méchantes, et un casting presque entièrement féminin, chose rare et qui en faisait un dessin animé pour « filles ». Le look des personnages était déjà particulier à l’époque, un look qui attirait le regard grâce à ses nombreuses couleurs, ce qui m’empêchait parfois de zapper et je restais assis dans mon fauteuil en essayant vaguement de comprendre l’histoire. Nous voilà bien des années après, un film est sorti (que je n’ai pas vu) mais surtout un comics. Et me voilà, chez mon libraire, en présence de ce tome, la nostalgie battant son plein, je l’ai donc acheté.

jem-1-5Des looks improbables, des couleurs plein les yeux, voilà Jem & les Hologrammes

Je vais tout de suite aborder le soucis qui m’a fâché, histoire de ne plus en parler. Sans encore vous parler du contenu, je trouve que le comics fait tache. Je n’en suis pas à mon premier achat (au cas où vous vous poseriez la question) et voilà que je me retrouve avec un comics tout en rose, au milieu des sobres couvertures noires et blanches des éditeurs Urban et Marvel, même Glénat reste d’habitude dans des teintes assez classiques. Alors là par contre, difficile de ne pas remarquer Jem & les Hologrammes dans ma bibliothèque, mais trop, c’est trop. Et si je comprends la démarche commerciale (rose = comics pour filles), j’aurais préféré une autre couleur, ça fait trop cliché, désolé. J’éditerai mon commentaire si les tomes suivants changent de couleur, mais je regrette ce choix éditorial. Cela dit, l’habit ne fait pas forcément le moine, alors que vaut ce premier tome?

jem-1-1Pas facile d’être une fille de milliardaire…

Je me voyais déjà, en haut de l’affiche

Nous commençons ce premier tome avec une répétition du groupe, dont la jeune Jerrica Benton est chanteuse. Seulement un problème se pose car Jerrica n’arrive pas à chanter en public. La voilà désœuvrée et déprimée dans sa chambre, mais une solution va lui apparaître sous la forme de Synergy. Cette solution vient du fait que Synergy est une I.A. (intelligence artificielle), capable de projeter des hologrammes. Jerrica ne sera donc plus seulement Jerrica, mais Jem, une chanteuse à la chevelure rose. Le groupe de Jem & les Hologrammes va alors naître et nous allons suivre leur ascension et leur confrontation avec le groupe des Misfits. Ajoutons à cela plusieurs romances qui accompagnent le récit, Jerrica et Rio, ainsi que Kimber et Stormer. Kimber faisant partie du groupe de Jem & les Hologrammes alors que Stormer fait partie des Misfits, une version 100% féminine de Roméo et Juliette.

jem-1-2Exactement, nous pouvons être qui nous voulons

Du point de vue de l’histoire, on reprend l’essence de ce qui a fait la série et on modernise le tout, ça marche parfaitement. Je n’irai pas jusqu’à encenser le scénario, mais ce n’est pas sur ce point que j’attendais d’être surpris, et surpris je l’ai été. C’est, avant tout, ça Jem, un groupe de musique qui cherche à se faire connaître et les aventures qui accompagnent cette ascension.

Modernité et nostalgie peuvent faire bon ménage

Maintenant passons aux choses sérieuses, j’aime Jem (ah ah… …) et cela principalement pour deux points. Le premier vient tout simplement du matériel d’origine, c’est une histoire basée sur des femmes fortes, des femmes qui vivent leur rêve et qui, au delà de toute considération de genre, donnent envie de pouvoir en faire de même. Et dans ce premier tome, c’est encore plus accentué puisque Jerrica n’arrive pas à chanter en public et c’est uniquement lorsqu’elle devient Jem qu’enfin elle parvient à surmonter cet obstacle. Cette transformation permet à Jerrica de libérer ce potentiel en elle, ce potentiel qui lui permet d’accomplir de grandes choses, certes en changeant d’apparence. Mais ma conclusion à ce sujet, c’est que l’auteur cherche à nous faire passer un message qui nous explique que c’est en s’acceptant qu’on grandit, que nous pouvons nous libérer des entraves que nous nous imposons lorsque nous réalisons ce que nous avons réellement envie de faire, qui nous sommes réellement.

jem-1-3Trop dure la vie, Stormer ne veut pas de Kimber

Et il n’y a pas que Jerrica qui symbolise ce fait, Kimber et son homosexualité, les physiques atypiques d’une partie des musiciennes qui ne choquent personne, leurs tenues, les paroles des chansons, … Deuxième point que j’ai fortement apprécié, ce comics fait du bien. Alors que nous vivons dans un monde sombre et que les comics s’en font généralement le reflet, ici on fait place au positivisme. Le groupe de Jem & les Hologrammes est un groupe d’amies, est une famille. Elles sont soudées, s’aiment, s’entraident et essaient d’avancer pour un mieux. Il y a les feel-good movies, voici un feel-good comics. L’univers est très coloré, ajoutant encore à cette ambiance accueillante et agréable. Kelly Thompson, scénariste, déclare son amour pour la série et ça se ressent.

jem-1-6Pourtant… 

On garde l’essence de la série, on modernise certains éléments et on y ajoute un soupçon de valeurs personnelles. Au registre des choses qui peuvent choquer, je noterai aussi l’apparition de Synergy qui est bien vite acceptée par Jerrica et qui ne reçoit que bien peu d’explications. Mais c’est une facilité scénaristique que j’accorde à ce premier tome, vu que ce n’est pas le centre de l’ouvrage.

Jem, c’est la fièvre

Parlons bien, parlons dessin. Sophie Campbell offre un style très moderne à l’ouvrage, loin du charme rétro du dessin animé des années 80. Si elle a gardé certains codes couleurs, elle a réinventé le style de chacun des personnages et nous offre tout ce qu’on pourrait imaginer (ou presque). Tolérance et acceptation de soi, jusque dans les dessins. On ressent, et c’est d’ailleurs écrit, que Sophie Campbell a travaillé en concertation avec la scénariste, pour que le graphisme rende hommage au récit et inversement. La série opte donc pour un style graphique qui lui est propre, qui vient contribuer à rendre chaque personnage unique et donne un univers très coloré.

jem-1-7Et une bataille de gâteaux plus tard, revoilà nos héros

Et notons qu’on a droit à la présence de personnages issus de My Little Poney, certes en peluche, preuve du partenariat entre Hasbro et IDW (l’éditeur US) et qui laisse présager d’un crossover qui ne serait pas pour me déplaire. Bon, il s’agit là d’un fantasme personnel, mais pourquoi pas. La seule limite que nous nous imposons devrait être celle de notre imagination.

Somewhere over the rainbow

Si on passe outre la couverture qui fait penser que ce comics est réservé aux jeunes adolescentes, on trouve un récit riche par les thèmes qu’il aborde ou qu’il suggère. Jem & les Hologrammes devrait contenter les nostalgiques, comme les néophytes, puisqu’il a un ton moderne qui n’est pas pour déplaire, et qu’il ne dénature en rien le produit d’origine.

jem-1-4Les Misfits au complet, il y a de l’orage dans l’air

Il est agréable de suivre les aventures de ces jeunes femmes, elles font sourire, elles font rêver et elles sont loin des clichés que véhiculent parfois les comics. Je recommande donc la lecture de ce tome pour les points que j’ai soulevé, pour bien d’autres encore. Ce n’est pas exempt de défauts, le scénario est très léger, les méchants sont majoritairement stéréotypés, mais à côté de ça, Kelly Thompson vous donne l’impression que rien est impossible et qu’il ne tient qu’à vous de vivre vos rêves! Et cette sensation est agréable.

Pour se procurer le tome:

Jem & les Hologrammes – Tome 1

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