La Vision – T01

Résumé: Un androïde est-il fait pour mener une vie de famille dans une banlieue paisible ? C’est en tout cas la voie qu’a choisie de suivre Vision, accompagné de sa femme et de ses enfants. Mais le héros va découvrir à ses dépens qu’une existence ordinaire peut se révéler bien plus dangereuse qu’une carrière au sein des Avengers. (Contient : les épisodes 1 à 6 de The Vision US.)


La Vision – Tome 1

vision-1-coverFiche technique :
Scénario : Tom King
Dessin :  Gabriel Hernandez Walta
Éditeurs : Panini Comics (VF) / Marvel Comics (VO)
Date de sortie :  09/11/2016


« Est-ce que les synthésoïdes rêvent de moutons bioorganiques ? »

Petite intro ric-rac (je n’ai pas idée du vrai sens de cette expression mais là sur le coup je l’aime bien) de Kerym ! Vision c’est donc un Avenger qui a été créé par Ultron en suivant les schémas cérébraux de Wonderman et qui a eu une aventure, et un mariage, et des enfants magiquement créés avec la Sorcière Rouge !  Autant dire que sur le kerym’o mètre de l’intérêt de base, c’est 2 sur une échelle de 10 parce que la Sorcière Rouge, elle fait parfois de telles horreurs que j’oublie le reste.

vision-1-3Bienvenue à Wisteria Lane

Mais lorsque sur une petite couverture de comics on voit non pas un mais quatre Vision dans une image de famille heureuse traversant un mur et qu’il est marqué Tom King à la réalisation, quelque part on se dit que ce n’est peut-être pas l’androïde habituellement recherché.  Instinct de Jedi ? Renaissance des expressions des années 80 ? (rapport à mon ric-rac sans doute pas assumé.) Dans tous les cas, ils me faisaient tous un joli coucou de la main et sa ligne grise allait parfaitement s’intercaler entre mes Miss Marvel et Howard le Canard (de la même catégorie Marvel, ce qui a joué aussi en sa faveur).

vision-1-2Come to the dark side, we have cookies

« Sa main était comme un sandwich, c’est un peu collant. »

Plan d’introduction : une avenue d’une banlieue américaine monotone jusqu’à l’excès. Une voix off qui vient vous donner le ton du coin, terne et sans histoire. Une boîte aux lettres qui lévite comme première approche super-héroïque, deux voisins venus saluer les nouveaux emménageant qui dissertent sur le fait qu’ils sont androïdes ou synthésoïdes – et Tom King nous donne définitivement un sentiment de réalisme qu’on a tous connu ou qu’on peut bien imaginer, tout en y introduisant le côté «Marvel» en douceur. Mais la voix off ne fait pas que donner le ton, elle annonce aussi le ton du comics : il y aura des morts et la famille Vision en sera au moins partiellement responsable (voir totalement, la voix off n’est pas payée pour tout dévoiler). C’est du Racine chez Desperate Housewives, moi je suis sous le charme.

vision-1-4Vous ferez bien un petit tour de la maison?

D’ailleurs la genèse même de la famille Vision a déjà quelque chose tragique par nature. La Vision est un démiurge qui a donné la vie par trois fois (dont à son épouse, je dis ça je dis rien), les a bombardés du libre arbitre, s’est convaincu qu’ils seraient heureux et qu’il les aiderait à l’être, en toute quiétude. Or, s’il est une chose évidente c’est que le libre arbitre par définition a quelque chose de tout sauf d’un long fleuve tranquille. Alors une vie donnée à des synthésoïdes dans un monde d’humains, autant faire pousser des carottes sur la lune (c’est moins hasardeux).

«Peut-on être de chair et de métal et aimer Shakespeare ?»

Si le pitch a donc déjà quelque chose d’intéressant, Tom King arrive à lui donner une vraie saveur. Il s’attarde sur chacun des protagonistes de l’histoire et les met en avant dans la future tourmente. La Vision est un patriarche bienveillant, absent, cérébral et totalement déconnecté de sa famille. Virginia (la mère) veut le bien de sa famille, mais malgré toute sa bonne volonté n’arrive pas à compenser le père absent et va se retrouver trop vite à devoir prendre des décisions dures. Vin (le fils) et Viv (la fille) vont sombrer dans les questionnements sur l’existence elle-même et vivre des drames à répétition. En parlant de répétitions, je vous invite à bien lire les dialogues des Vision et la répétition des mots lorsque le drame vient les faire «bugger». Cette façon de faire ressentir le drame est une excellente idée de Tom King.

vision-1-1Et toi, es-tu normal?

Et tant qu’à parler des qualités de la plume de King, il arrive à dépeindre le monde «normal» (entendez donc non super-héroïque) avec justesse. Ce monde n’est pas mauvais (on a même de la peine pour lui) mais il n’était pas prêt à accueillir les Vision, trop de libre arbitre dans un même endroit.

« Je mettrais en pratique les scélératesses que vous m’apprenez. Je serais plus humain que vous »

Niveau dessin, rien à dire. Hernandez Walta a un style plutôt réaliste sans fioriture qui met en avant les Vision et leur morphologie si particulière. Niveau décor, le même constat s’impose, c’est précis et sans fioriture itou. Idéal pour décrire une banlieue paisible quelque part dans les States.

Je vous conseille de vous attarder sur les couvertures alternatives qui ont aussi leur charme et dégagent le même cynisme que l’ouvrage lui-même.

vision-1-6Prière de frotter ses pieds sur le paillasson

« Georges de Georges et Martha, comment allez-vous ? »

Une bien agréable lecture qui s’insère parfaitement dans l’après Secret Wars. Pour rappel (parce que comme ça le lecteur est un lecteur averti), Marvel a décidé que 8 mois s’écoulaient entre la fin de Secret Wars et la reprise de l’écriture de son univers. Cela se traduit par des situations qui ne sont pas toujours expliquées (ou partiellement) et offre une certaine liberté aux écrivains. D’où l’absence d’explication à la création de la famille Vision et son déménagement à Washington.

Tom King a, je trouve, bien profité de cette liberté pour offrir un visage rafraîchissant (bon alors certes dans le malheur) d’un personnage à priori pas dans ma base de héros que je citerais (sa version film ne m’a pas plus convaincu cela dit).

Une occasion de lire un comics sur les super-héros dans un registre moins souvent abordé qui ne se refuse pas ! (et c’est bientôt les fêtes, au pire vous vous le faites offrir).

Pour se procurer le tome:

La Vision – Tome 1

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