Wayward – T01: Un nouveau départ

Wayward

Résumé: Rori Lane s’apprête à commencer une nouvelle vie. Fruit d’un amour passionnel et fugace entre un Irlandais et une Japonaise, elle se rend pour la première fois à Tokyo pour rejoindre sa mère. Fascinée par cette nouvelle culture et par l’ampleur de la mégalopole tokyoïte, elle s’amuse à vagabonder dans les rues, jusqu’au jour où elle fait une rencontre inattendue… Attaquée par de monstrueuses créatures sorties tout droit des légendes, elle ne doit son salut qu’à Ayane : une jeune fille, comme elle, mais dotée de super-pouvoirs. Très vite, après cette rencontre, Rori découvre qu’au fond d’elle sommeille aussi un grand pouvoir… (Contient les épisodes US Wayward #1-5)


Wayward – Tome 1 : « Un nouveau départ »

Fiche technique:
Scénario : Jim Zub
Dessin :
 Steven Cummings
Editeurs: Glénat Comics (VF) / Image Comics (Vo)
Date de sortie:  08/03/2017


« Elle s’attendait à changer de vie, elle ne va pas être déçue »

Ainsi nous accueille la postface de Wayward, ça et une armée de chats aux yeux luisants jaunes. La couverture aussi a des chats aux yeux luisants jaunes, je pense qu’on peut donc en conclure que l’auteur est fan de chats (ou au contraire qu’il tente de nous mettre en garde contre eux…).

Tokyo, Japon, une rousse, beaucoup d’aventures en perspective

Plus sérieusement Wayward a fait sa campagne de pub non sur la présence de chats mais en mettant en avant que l’histoire parlait d’une adolescente dotée de pouvoirs qui allait se retrouver confronter au monde surnaturel japonais. En somme Buffy contre les vampires mais au Pays du Soleil Levant (ces mots-là ne viennent pas de Glénat mais de nombreux retours critiques que j’ai lu). Et même si la référence (moins les vampires) est plus que pertinente, Wayward c’est ça mais en mieux !

« Une vie de riz et de patates »

Tout d’abord je vais poser le décor. Pour l’instant je joue à Persona 5, un jeu vidéo qui suit un lycéen à Tokyo dans des aventures surnaturelles… Bon je vous voir venir mais non ce n’est pas le côté adolescent qui va me servir de liant. Persona 5 se passe à Tokyo donc et pour y avoir passé une bonne semaine dans ma vie (oui ce n’est pas beaucoup mais on en garde quand même des souvenirs), j’ai l’impression en y jouant d’y être. La ville est vraiment bien retranscrite, il y a quelque chose d’ancrer dans la réalité de ce jeu. Et bien lorsque je relis Wayward, que je me remémore Persona 5 et donc mon voyage à Tokyo, j’ai une impression de continuité et de réponses entre les ouvrages et mes souvenirs. Cummings dessine Tokyo avec justesse, ses planches dépeignent les quartiers cités et les parcourir ne vous ment pas sur ce qu’est Tokyo. Qu’un comics puisse retranscrire Tokyo de manière aussi précise, c’est rare et c’est tout à son honneur. Pour ça déjà, Wayward et Cummings m’ont directement plu.

Un chat ça va, deux chats bonjour les dégats

Mais (car ce n’est pas tout), Tokyo n’est pas le seul personnage que Cummings décrit bien. Son style a un côté manga (parfait pour un comics se nourrissant de l’imaginaire japonais) sans ni le plagier ni le tourner en ridicule. Ça aussi, c’est impeccable pour un comics entre deux influences.

Et enfin il y a la colorisation qui a sa nécessité dans Wayward (en dehors de l’héroïne dont la tignasse rousse se devait d’être mise en valeur). Les pouvoirs magiques sont souvent symbolisés par une mise en valeur colorée et l’utilisation du procédé rend bien sur le papier. Je ne vous spoilerai pas sur ces dits pouvoirs mais le côté tisseur donne vraiment bien quand il s’agit de suivre le fil…

Donc rien que le graphisme m’avait déjà enjoué et se retrouve en première partie de ma critique !

Bon… on peut dire que Rori est plutôt agile

« C’est indéniable, le surnaturel embrase le Japon »

Venons-en à l’intrigue. Puisque c’est le premier livre, il se doit d’installer les personnages, faire basculer l’héroïne dans l’occulte et s’achever sur un air d’orgue pour vous donner envie d’acheter le tome suivant. J’ai envie de dire contrat rempli avec juste quelques guillemets que je vais me tâcher de décrire.

Niveau personnage Rori (notre héroïne irlandaise/japonaise) est vraiment impeccablement personnifiée, son côté décalé par rapport aux normes japonaises permettent de souligner ce travers de l’Archipel, et nous donne encore plus d’empathie pour elle. J’en suis tombé sous le charme rapidement et ça c’est cool.

Et là, on étoffe le groupe avec un(e) Bakeneko

Je ne m’étendrai pas, pour vous garder la surprise, mais le reste de sa futur équipe (Ou son Scooby Gang pour garder une référence à Buffy) est à l’avenant. Ils auraient mérité une exposition plus grande (je reviendrai en fin de paragraphe sur la question) mais ils sont assez marqués pour être reconnaissables et ancré dans ce mélange japon/comics.

Ensuite le côté occulte japonais est bien écrit. De ce côté, ma culture japonaise étant basée sur des jeux de rôle, des films et quelques lectures, je vais pas me poser en connaisseur émérite ; mais j’ai trouvé l’utilisation des créatures japonaises relativement fines et pas trop hollywoodiennes.

Le quotidien lycéen japonais est tout aussi bien rendu. Que ce soit la couleur de cheveux de Rori qui pose problème à son lycée, le côté oppressant du système scolaire lui-même, Zub le retranscrit intelligemment.

Un gars plutôt badass

Seul bémol, l’histoire prend un tournant rapide et on aurait peut-être aimé pouvoir profiter plus longtemps de l’arrivée de Rori au Japon et une meilleur mise en valeur des personnages secondaires. Mais revenons à mon premier paragraphe, il fallait poser les personnages, amorcer rapidement l’intrigue et donc aller vite. Une petite frustration donc mais au service du rythme qui se doit d’être soutenu.

« Chaque chemin suit sa propre trame »

En bref encore une preuve, s’il en fallait vraiment, que Glénat continue de s’imposer comme un distributeur de comics de qualité. La gamme sort des sentiers battus et propose toujours plus d’univers différents et de héros qui ne portent pas de collants et, ici, s’offre un voyage immersif et occulte de Tokyo.

Wayward, c’est à mon sens l’histoire d’adolescents se retrouvant dotés de pouvoirs dans un monde qui leur échappe, c’est aussi un récit d’amitiés entre marginaux dans une société conformiste et une sacré plongée dans l’imaginaire japonais et pour toutes ces raisons là, il en vaut le détour !

Et un nerd avec de sacrés pouvoirs

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