Ecureuillette contre l’univers Marvel

Résumé: Dorreen Green, aussi connue comme Écureuillette est une héroïne forte, intelligente, volontaire et qui a déjà vaincu Thanos, Fatalis ou même Kraven. Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme l’imbattable Écureuillette ! Mais pour vaincre son nouvel adversaire, elle va devoir se creuser la tête : ce n’est pas tous les jours qu’on s’affronte soi-même !


Ecureuillette contre l’univers Marvel

Fiche technique:
Scénario : Ryan North
Dessin: Erica Henderson
Editeurs: Panini Comics
Date de sortie: 17 mai 2017


Du rose, oui, mais en fait non – feat la couverture d’origine

Puisqu’il faut commencer par quelque chose, il sera de bon ton pour la suite de vous préciser que j’avais des attentes par rapport à ce tome. Je m’étais un peu renseigné sur le personnage qui est sympathique, le ton du comics était pour me plaire, bref j’avais hâte de mettre la main sur ce tome des aventures de l’imbattable Squirrel Girl (oui, parce que je préfère de loin le nom VO à celui VF… coucou Serval…). Puis vint le premier choc, un tome tout de rose vêtu… pourquoi? Je ne comprenais pas trop. Bon, par objectivité et après une brève recherche, c’est pour coller à la version américaine mais je trouve ça de mauvais gout.

Du rose, sur la couverture d’origine… mais c’est bien sûr!

Je n’aime pas quand on genre son produit et là, pour le coup, je crois que ça dessert fortement ce tome. Parce que ce récit ne s’adresse absolument pas en particulier aux femmes et du coup, avec du rose, un lecteur lambda ne va peut-être pas oser acheter ce comics. Bref ça n’a pas de sens, ça défie toute logique commerciale et je trouve que c’est un choix regrettable. Et oui, j’arrive presque à faire un paragraphe complet rien qu’en vous parlant de cette couverture. Notons que je n’avais pas apprécié la couverture du premier tome de Jem & les Hologrammes pour les mêmes raisons, pas de jaloux.

Un duo au poil (d’écureuils)

Imbattable, mais vrai? Squirrel Girl passe à l’action

Bon bon bon mais ce tome, que vaut-il sinon? Nous allons  suivre les aventures de Squirrel Girl qui va se retrouver cloner par mégarde, son clone décidant d’en découdre avec le reste de l’humanité. Alors je vous le dis directement, il va falloir vous accrocher tant le scénario tient d’un bon gros prétexte pour voir Squirrel Girl se fritter (#Belgique) avec les super-héros Marvel. Du coup, on va voir défiler de nombreuses têtes connues, de très nombreuses têtes d’ailleurs, le tome étant ultra-référencé. L’histoire s’inscrit plus ou moins dans la continuité, on n’est pas ici dans un total What If? dont raffole l’éditeur habituellement, ce qui est intéressant à mon sens. Mais, mais… ça n’a pas marché pour moi et j’en suis le premier déçu. Pourtant Ryan North, notre scénariste, tente de nous faire rire, avec beaucoup d’humour et de second degré. Je le sais bien intentionné, mais non…

Il n’y a pas que Superman qui sauve des trains, si si

Ryan North ne perd pas le nord

Une première chose, par exemple, les notes de bas de page. Au début, je les lisais soigneusement (avec le sourire aux lèvres) et puis, page après page, je me suis rendu compte que North abusait de ces notes et en mettait tout le temps. Très vite, j’ai ressenti de la fatigue… ce qui n’a pas fait bon ménage avec l’intention humoristique de celles-ci. Du coup, j’ai fini par les zappé… honte sur moi. Ensuite par le passé j’ai lu Deadpool (qui a lui aussi tué tous les personnages Marvel), j’ai lu le Punisher (idem), maintenant j’ai lu Squirrel Girl et… non, ça ne va pas. Quand par le passé, elle a battu Thanos hors-champ, je trouvais le gag drôle.

La guerre des clones, revue et corrigée

Mais là, tout est exposé et, mon dieu, ça ne tient pas la route. Ok, ok, on est dans un registre humoristique mais ça ne va pas. Je spoilerai très légèrement pour illustrer mon propos: son clone finit par affronter les Avengers et pour les neutraliser, elle va simplement les électrocuter. Qu’elle parvienne à mettre Iron Man H.S., pourquoi pas… mais Thor? Thor, déesse de la foudre? J’y ai trouvé aussi un trop plein de références qui font qu’au final, on s’y perd (et pourtant je suis, en toute modestie, plutôt calé niveau Marvel). Bref, j’ai l’impression qu’à trop vouloir bien faire, Ryan North s’est égaré. Tout n’est pas à jeter, que du contraire, certaines blagues marchent vraiment bien et c’est malgré tout agréable de voir autant de personnages réunis (vilains, comme gentils).

Avengers…

L’univers Marvel selon Erica Henderson, un travail impressionnant

Au dessin, on trouve Erica Henderson. Je n’ai pas de gros reproches à lui faire, le travail qui lui a été demandé étant colossal vu la galerie de personnages à mettre en place. Un style plus indé que classique, moins héroïque, plus comique, mais qui convient parfaitement au ton du récit. On notera que par moment, certains visages peuvent sembler bizarres mais rien qui ne pique trop les yeux.

De la tristesse à l’espoir, il n’y a qu’un pas

J’ai longuement hésité à faire la critique de Ecureuillette. Je trouve la démarche audacieuse de la part de Marvel et de Panini, je sens l’amour de Ryan North pour le personnage et l’intelligence de son écriture, mais très vite je me suis rendu à l’évidence que ce tome n’était pas fait pour moi. Au final, j’ai choisi d’en parler parce que, je pense, le tome le vaut et mérite de trouver son public. Un exercice difficile pour moi, j’aimerais être plus positif, mais je n’y arrive pas.

Iron Squirrel Man!

J’ai l’impression que Squirrel Girl va peiner à trouver ses lecteurs en Europe, je ne vois pas tant de gens autour de moi qui se sont procurés le tome (mais pour le même prix, le comics a fait un carton et les chiffres de vente sont astronomiques). Et pourtant, aux Etats-Unis, c’est un réel succès d’estime et c’est tout le mal que je lui souhaite. Je crois que ma conclusion va logiquement s’axer autour de ça, Ecureuillette est une belle prouesse, ne fut-ce que par sa proposition totalement à contre-courant de ce qui se fait dans le milieu. Et pour ceux qui cherchent du Marvel hors-norme, pour ceux qui veulent s’amuser, pour ceux qui ne veulent pas d’un comics sombre et torturé, pour ceux qui aiment simplement Squirrel Girl, bref pour un peu tout le monde, je pense que vous pourrez y trouver votre compte. Je vous recommanderais peut-être de lire quelques pages, histoire de voir si vous êtes réceptifs à cet humour, et si c’est le cas, foncez.

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