L5R: La Légende des 5 anneaux

On aime les comics chez nous, c’est dans le titre en même temps (Be Comics, comme un indice non?), mais pas uniquement puisque l’ami Kerym vous dévoile son amour pour le jeu de rôles, avec un articles parlant de L5R: La Légende des 5 anneaux. Avant de lui céder la place, je me permets de vous rappeler que vous pouvez le suivre à directement sur sa page Facebook pour ce qui concerne tout cela: la Table du Quarantenaire

Mais laissons place à l’artiste:


En toute honnêteté c’est surtout parce que je teste des jeux mais pas suffisamment pour en faire un article (7th Continent, Rise of the Moloch et le jeu de carte L5R pour ne citer que les gros), où que je m’arrache des cheveux pour tenir le rythme de mes campagnes actuels. C’est une période dense pour moi, pas que je m’en plaigne, mais du coup je ne trouve pas facilement le temps pour vous faire voyager avec moi.
Dans un soucis de rassurer Be Comics, et Facebook, et parce que ma mini campagne a achevé sa troisième partie et aussi parce que je suis retombé dedans avec ces cartes, je vais corriger une erreur et vous parler de mon affection pour la Légende des 5 anneaux (L5R pour les intimes et comme ça j’ai introduit un acronyme, mot compte double, présent en début de cet article)
L5R je l’ai rencontré la première fois dans mes premières années de maitrise, une période confuse où je croyais dans les univers forts (clichés donc) et où t’avais des règles qui donnaient la part belle à trente écoles différentes de combat et bien sûr idéalement dans un univers manga parce que j’en lisais à la pelle. J’aurais pu tombé sur Panty Explosion (Que j’ai aussi maîtrisé des années plus tard… Je n’ai honte de rien sachez le) mais l’histoire en fit autrement.
Je rencontrais L5R et mon moi de fin d’adolescence tomba totalement amoureux. Un univers asiatique , des samurais péchus et des shugenjas très mystérieux, un honneur qui fait joli, des clans aux caractères bien trempés, le tout dans une ambiance faisant la part belle à l’action. Ça, c’est ce que j’en ai retenu après une première lecture et lors de mes premiers scénarios. Avec le recul (et le souvenir), c’était quand même sacrément caricatural et définitivement le duelliste qui invente un style de folie pour les manchots n’était pas une bonne idée parce que c’est une sacrée perte de temps pour pas grand chose… Sachez simplement que j’ai encore fièrement ce livre trônant dans mon armoire à merveille !

Où quand on sait pas comment vous vendre un jeu, alors on prend une pose improbable mais sauvage comme étalon russe
Ensuite est venue ma période “Le Jeu de rôle c’est un truc d’adulte qui ont compris la vie” où le rôle domine les règles, où qu’on vit dans un monde sombre et où il est de bon ton de ne plus jouer à des jeux de type dungeons and dragons. Malheureusement c’était aussi la période D20 (Le nom du système tout droit hériter de Dungeons) de L5R 2ème édition. Je l’ai abandonné et ranger dans les jeux trop stéréotypés qui dénigraient la culture japonaise que je ne connaissais, bien sûr, pas du tout mais que j’aimais tant. Et apprenez que je n’ai pas la seconde version dans ma bibliothèque et qu’avec le recul j’en suis tristesse. Surtout que plusieurs compléments de cette époque (hors dessins et hors système) sont considérés comme les meilleurs…. Ryoko Owari, La Cité des secrets pour n’en citer qu’un.

Pour la petite histoire, dorénavant vous aviez deux livres plutôt qu’un pour maitriser dans la lignée de DD.. Vous remarquerez qu’il est aussi triste que moi qu’on se soit manqué
Des années plus tard, comprenez après avoir revu à la baisse ma fierté de MJ déplacée et après avoir plongé dans plein d’autres jeux, j’ai décidé un peu par hasard d’acheter la troisième édition de la bête. Je cherchais alors un univers low fan, asiatique avec un système social totalement en décalage du nôtre. J’y découvris donc un univers nourri et complet complètement high fantasy (Sérieusement je me demande comment au bout d’autant d’ennuis y a encore des gens pour cultiver les champs) dans lequel sincèrement on se perd son latin à tenter de comprendre le tenants et aboutissants (Il y a un wiki sur internet.. Un wiki à donner mal de tête) et toujours aussi bourré de règles inutiles (C’est bien simple, si vous prenez toutes les techniques différentes dont vous expurgez le côté rp donc juste les effets, on en a un pour une dizaine de pages je dirais).
Et là ce fut le coup de foudre à en pleurer. A ce moment je compris ce que tant d’autres gens avaient appréciés et je me plongeais sans vergogne dans son univers tout en me l’appropriant. Je garde de cette troisième édition une sorte de renaissance asiatique et je bénis le complément de Four Winds qui est cliché à se noyer mais qui regorge avec de l’imagination de scènes marquantes, de pnjs hauts en couleur et d’une conclusion hollywoodienne. Ma première campagne fut donc installée et j’en garde encore de très bons souvenirs ! C’est aussi là que mon côté innocent découvrit qu’en fait l’histoire était écrite par des tournois de jeux de carte et qu’L5R, jeu de rôles, était le petit frère de L5R le jeu de cartes mais c’est une histoire qui aura sens plus tard

Sobre, un écrin de soie autours d’un katana, un sentiment de distinction.. L5R what else ?
Et puis vint la dernière version en date, la Quatrième édition. Elle visait à réduire le côté grosbill de son prochain et tenter de donner un peu de fraîcheur à l’ensemble et surtout offrit une vision de l’ensemble des époques importantes de L5R. A ce titre cette édition est celle qui m’a le plus parlée, entre règles moins lourdes et univers largement plus étendu et un complément/boîte sur l’élévation d’une Seconde Cité sur un continent étranger (Que j’ai, ô joie). Sincèrement le jeu est une sorte d’almanach qui reprend presque tout ce qu’il est possible de demander avec ces petits canevas de campagne proposé pour enrichir l’imagination de ses mjs et des nuances pour les adapter selon les époques. Sincèrement j’aime beaucoup cette édition et lorsqu’il a été annoncé que l’éditeur cessait d’éditer le jeu, j’ai eu un pincement au cœur.

Des lettres dans le sang, un katana qui reflète un visage… C’est du mystère et du meurtre à la portée de tous !
Actuellement une cinquième édition est prévue avec un reboot de l’univers, édité par le nouveau boss de Rokugan (L’univers de L5R) que j’attends sans trop l’attendre. Partagé entre le plaisir de voir la gamme vivre à nouveau et triste de quitter l’univers que j’arpente avec plaisir. Je vous en parlerai surement de toute façon.

Hida O-Ushi une des plus grandes guerrières du clan du Crabe possédant un fan club de joueurs de cartes à travers le monde et dont voici une des images les plus célèbres immortalisé par Brian Snoddy
Après vous avoir fait un bref historique du jeu et de ma rencontre avec lui, je m’attelle donc à la seconde partie de mon article. Une présentation de l’univers d’L5R et du pourquoi que je l’aime tant !
L’univers de jeu se situe sur les terres de l’Empire d’Emeraude, Rokugan . C’est un royaume qui plonge ses racines dans une période mythique ou des Kami (Des divinités si je devais vous la faire courte) chutèrent sur notre monde et fondèrent la société telle qu’elle est. Le monde est donc ordonné à l’image du Royaume Céleste par un Empereur (Désigné par le dit Royaume Céleste) qui appuie son légitime droit par des clans majeurs (fondés eux aussi par des Kamis) et s’entourant de familles dévouées à l’Administration de son royaume. Rajoutez y des clans mineurs (Qui n’ont pas la chance de descendre d’un kami d’où leurs peu d’influences), des moines suivant le Tao du Shinsei reprenant less paroles et écrits d’une moine errant mythiques, des races plus ou moins anciennes qui se cachent dans les ombres de l’histoire et d’un kami corrompu qui en s’écrasant donna naissance à une terre malsaine appelée l’Outremonde. Je terminerais ce plus que succinct résumé par la présence d’autres mondes que le Ningen-do (En gros le monde terrestre) qui au fils du temps auront une influence plus ou moins grande sur Rokugan (Le plus important est le Jigoku, équivalent des enfers, dont l’Outremonde est la porte vers notre monde).
Au niveau personnage, on incarne donc soit des samurais soit des moines. Alors par samurai, entendez “noble” parce qu’un samurai peut tout autant être un bushi (Combattant), qu’un Shugenja (Le mystique), qu’un courtisan (et les Kamis savent qu’ils sont nécessaire à la paix et la prospérité) ou qu’un shinobi (Retenez juste “Moins honorable que le standard de mon clan et je me trempe les mains dans les basses œuvres pour le bien commun) ou un rônin (La plus basse caste de noble, en gros les gens sans clan. Alors oui c’est un peu restrictif mais l’univers est définitivement conçu pour jouer des aventures épiques et non des affaires du quotidien du peuple. C’est d’ailleurs toute la magie du jeu, c’est de bien faire comprendre qu’un paysan n’est définitivement pas un interlocuteur viable pour les pjs. Il est aussi possible de jouer des races autres ou même des esprits incarnés mais je ne vais pas m’étendre dessus c’est quand même presque dommageable de jouer cela.
Au niveau des scénarios, on va souvent alterner des moments politisés avec des enquêtes et quelques scènes d’action (Attention que le jeu est sincèrement létal et que le pj est loin d’être immortel du moins dans sa version de base). La difficulté étant de mélanger différents clans parmi les pjs et donc différents intérêts souvent conflictuel. Soit donc vous faites sortir vos pjs du même clan et dans ce cas, vous pouvez supposer qu’ils vont travailler ensemble. Soit vous leur donner une fonction impériale et du coup ils travailleront pour le bien de l’Empire de grès ou de force. Dit comme ça, on pourrait croire que le jeu est monotone, mais c’est sans compter sur les couches d’intrigue que vous pouvez mettre ou par le simple plaisir de poser une ambiance. Personnellement je joue sur la réunion de différents intérêts œuvrant de mauvaise grâce pour la même cause avec fonction impériale ou pas.

Venez à Rokugan tel des étalons de guerre du clan de la Licorne et profitez du galop de shinjo altansarnai pour vous dépayser !
L5R est au Japon ce que la Montaigne est à la France (Là je vous fais faire un peu de recherche mais c’est une nation tiré de 7th Seas qui est très lointainement inspiré du pays sus mentionné) . C’est pour le néophyte la même chose, mais pour le gars qui s’y connait un peu une totale hérésie de mélange. L5R ne doit donc jamais être considéré comme un univers japonisant ou chinoisant ou ce que vous voulez en -ant. Vouloir y chercher ça, c’est la déception assurée. Si je le mentionne c’est parce que c’est une des première critiques que j’entends régulièrement; alors qu’L5R ne se prétend pas un reflet d’un quelconque pays connu. C’est même dans le mot de l’auteur noir sur blanc. L5r est donc un univers propre avec sa propre mythologie, vous êtes prévenu
Une Histoire sous acide
Pour la seconde mise en garde, c’est lié à une spécificité de L5R. L5R est un jeu de cartes et un jeu de rôles qui se parlent l’un à l’autre dans le sens où des tournois du jeu de cartes sont organisés et que les gagnants de ces jeux de cartes influent la storyline de Rokugan. Cela signifie que lorsque vous prenez la timeline, pendant des siècles c’est la paix partout avec quelques petits conflits mais bon hein c’est pas trop grave et d’un coup c’est l’embardée. Depuis 1123 (Date du coup d’état du Scorpion sur lequel je reviendrais plus tard) et sur 80 ans, il y a plus de conflits cataclysmiques, de Kamis (En gros les dieux locaux) revenus parmi les mortels qu’en 1123 années précédentes. C’est complètement surréaliste et c’est à se demander comment on peut faire encore des enfants dans un monde aussi chaotique. Mais si vous raisonnez en “Il faut bien vendre des extensions de cartes régulièrement et donc amener de nouveaux thèmes”, l’univers prend un sens plus cohérent mais mercantile. C’est donc un parti pris à avoir quand on appréhende l’univers qu’il faut assimiler ou vous allez le voir pendant tout le jeu. La bonne nouvelle c’est que par contre niveau illustration somptueuse, z’allez être servi !

Un système de règle un peu pénible

L5R , comme tous les jeux de rôles qui aiment les règles, accouche d’un monstre faits de multiples compléments qui vous obligent à faire math’ sup pour tout retenir. Je préfère prévenir parce que je n’aime pas les règles complexes et que si L5R n’était pas un univers que j’aime, j’aurais déjà laisser tomber. Un duel dans ce jeu c’est des brouettes de dés qui s’envoient les unes autres et qui rendent affreusement bien le côté longuet des duels à la télévision.

Bayushi Shoju, le type qui a initié les problèmes en Rokugan. Vous pouvez admirer son air débonnaire et digne de confiance dont on rafole tous ! Et si je le mets c’est parce qu’ils vous interdit de critiquer son univers !
Voici les points les plus appréciables, selon moi, du jeu:

L’Etiquette et les apparences

La société rokuganaise est une société extrêmement codifiée où l’honneur apparent et intime ainsi que l’étiquette régissent les rapports quotidiens des puissants de ce monde. A ce titre Rokugan est une belle tentative d’imposer aux joueurs (Enfin je dis imposer mais ils doivent volontaires ) un cadre roleplay rigide qui demande une bonne d’adaptation. Dans une telle société l’intimidation, la furtivité ou même le petit baratin qui fait du bien sont déshonorant et selon ce que l’on interprète, difficile d’y recourir. Ce cadre demande d’ailleurs aux mjs la même souplesse parce que lorsque vous mettez en situation des scénarios, il faut réapprendre comment les joueurs pourraient réagir. Et quant à l’étiquette, rien de plus contraignant que de devoir tout le temps faire attention à ce que l’on dit et comment on le dit. Dans les faits le jet de dés n’est pas interdit pour simuler sa dextérité dans la cour rokuganaise pour les joueurs les moins à l’aise mais même en prenant ce raccourci, il se dégage quelque chose d’imposant lorsque l’ont se retrouve à une cour d’hiver (Lieu de toutes les civilités annuelles).

L’Histoire avec un “H”

Alors oui, l’univers a un côté épileptique tellement les histoires s’enchaînent. Mais du coup selon les envies du Mj, il est possible de jouer différents thèmes et ambiances dans le même univers. Il est aussi possible de tisser des histoires qui renvoient au passé et qui entremêlent donnant un sentiment dense aux joueurs et un réalisme (dans un contexte mediéval fantastique) se tenant (je vais pas dire réaliste pour les raisons que j’évoque au début d’article).
Pour ma part d’ailleurs c’est ma façon d’appréhender même une petite campagne. Je prends une période, je me renseigne (La 4ème édition fournit un matériel conséquent) et j’écris mon histoire entre les lignes de la grande Histoire. Résultat l’univers donne une illusion de vie foisonnante et les époques fournissent des accroches de scénario amenable en jeu.

Les Pnjs

On peut dire ce qu’on veut mais L5R est une mitrailleuse à noms dans tous les sens aux histoires aussi surréalistes les unes que les autres. Chaque gros pnj a un historique plus que développé fait de hauts faits tous impressionnants. Les personnifier est donc relativement facile, puisque généralement on vous décrit les gros paragraphes que vous pouvez compléter avec la personnalité qu’il vous convient. Et en plus vous faites ce que vous voulez de ces pnjs puisque l’uchronie est le mot d’ordre des campagnes (C’est aussi conseillé dans un des compléments de cette charmante 4ème édition). Pour ma part c’est l’occasion à chaque fois, d’amener des scènes en haut couleur et de tenter de faire transpirer la bad ass attitude !

Le système d’honneur (Oui je fais un paragraphe dessus)

L5R offre un de seul système moral qui est quantifiable et chiffrable clairement pour les pjs et le Mj. Sérieusement c’est assez rare pour le souligner. Il est difficilement détournable, il est même plus que transparent et donc, si on vous en donne une copie, c’est assez facile de savoir comment bien réagir à une situation. Exit le paladin qui vous explique qu’il agit au nom de la lumière avec une demi heure de palabre et que non il veut pas perdre ses pouvoirs où des causettes sur le relativisme culturel de la bonté perçue par les cannibales locaux. Tout pj commence avec la même page sur l’honneur et à lui de voir à quel point il le suit le code et à se préparer aux conséquences.

Akodo Toturi futur rônin, futur empereur, actuel Daimyo du clan du Lion. Il vous a l’oeil pour que vous respectiez le Bushido !

En conclusion personnelle:

Par ce billet j’aurais tenté de vous brosser un portrait de ce que le jeu a de bon et de moins bon. Je vais finir par quelques conseils personnels si vous voulez appréhender l’univers.
Tout d’abord, en règle général, le livre de base et les compléments d’histoire de la quatrième édition sont d’excellents guides.
Ensuite vous pouvez, à vos risques et périls, aller sur le wiki L5R. Il est complet à l’envi mais en même temps trop dense pour être pratique. Maintenant il peut servir d’inspiration pour vos scénarios ou pour vous renseigner sur tel ou tel pnj.
Si vous cherchez de l’inspiration en français, la Voix de Rokugan est là pour vous. Plus que complet, plein de proposition de scénarios et une Ville décrite dans ces détails. Un vrai bonheur !
Et enfin ayez un générateur de noms parce que sinon vous allez juste pleurer. Pour ma part je me sers du générateur de prénom japonais pour me faciliter la vie
Et enfin n’hésitez pas à aller dans l’outrance des pnjs et du monde pour donner le cachet épique agréable au jeu. L5R n’est pas réaliste au sens littéral du terme. Il est réaliste en accord avec son univers et il permet d’ancrer le personnage dans un décor plausible pour lui dont l’outrance et les codes doivent être affirmés pour le rendre agréable.

Voilà c’était votre Quarantenaire sur L5R et je ferais quand j’aurais plus de parties au compteur, pouvoir faire un article sur le jeu de cartes !


Test rédigé par notre ami Kerym et repris sur sa page Facebook dédiée aux jeux de rôles: Table du Quarantenaire
Sir Didymus Écrit par :

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