[Critique] Infinity – Marvel Now

Résumé: Les Avengers quittent la Terre pour affronter les Bâtisseurs; l’une des civilisations les plus redoutables de l’univers. Profitant de l’absence de ces héros; Thanos et ses armées de l’Ordre Noir décident alors d’attaquer la planète. Mais que recherche exactement le titan fou ? Sa quête va le mener jusqu’à la cité volante des Inhumains où il se retrouve confronté à Flèche Noire. Un face-à-face décisif !


Infinity

Fiche technique:
Scénario : Jonathan Hickman
Dessin: Jim Cheung, Jerome Opena, Dustin Weaver
Editeurs: Panini Comics
Date de sortie: 26 octobre 2006


Boum, quand notre coeur fait boum

Infinity est le crossover, publié en 2013 au pays de l’Oncle Sam, mettant en scène notre titan favori, Thanos. Les Avengers sont de sortie, ils viennent d’apprendre que les Bâtisseurs, race extra-terrestre qui a la fâcheuse tendance de détruire les mondes ou de les asservir, sont en route vers la Terre. Nos héros décident alors de partir dans l’espace pour essayer de les contrer. Dans le même temps, Thanos récupère l’information que les Gemmes de l’Infini se trouve sur Terre et décide de se mettre en route pour récupérer ce qu’il considère comme lui étant dû. Il aurait tort de se priver de cette opportunité, non seulement les Avengers ne sont plus là mais en plus notre belle planète se trouve divisée et fragilisée par les nombreux évènements récents.

De bien drôles de tortues ninjas

Nous apprendrons que Thanos ne se contente pas de vouloir récupérer les Gemmes, il est aussi à la recherche de l’un de ses enfants. Il découvre qu’un de ses fils, Thane, se cache parmi les Inhumains et demande alors à ceux-ci de lui livrer tous leurs enfants dont l’âge se situe entre 16 et 22 ans. Flèche Noire, roi des Inhumains, n’entend pas se laisser faire et met au point une arme dont les conséquences feront trembler la Terre toute entière. Dans l’espace, les Avengers vont lutter contre les Bâtisseurs, s’allieront avec plusieurs planètes et parviendront à repousser cette menace avant de retourner chez eux pour aider dans la lutte contre le titan. Décidément, être un Avenger n’est pas de tout repos.

 

Le miel et les abeilles

Et on ne s’arrête pas là dans les révélations, Infinity décide d’aller loin, très loin et est très dense. Si bien que le lecteur pourrait vite être perdu, d’autant plus que le récit intégral ne se retrouve pas dans cet unique tome, mais demande d’avoir lu Avengers Tome 4, New Avengers Tome 2 et Infinity pour avoir toutes les clés en main. Le casting est alléchant, on retrouve Thanos, mais aussi et surtout l’équipe complète des Avengers, des New Avengers, l’intervention des Gardiens de la Galaxie, un bref coup d’œil aux Defenders, un peu de Skrulls, de Krees

Wakanda Forever! Et dans ta gueule

On se régale de voir autant de monde. On notera aussi que Thanos a pris soin de ne pas venir seul et est accompagné de généraux, se faisant appeler l’Ordre Noir, qui sont plutôt réussis si on met de côté leurs noms… Nain Noir, sérieusement ? On apprécie aussi de voir que Hickman parvient à clôturer les arcs narratifs qu’il avait mis en place dans les numéros précédents des Avengers et des New Avengers. Et les clôturer de manière plus que correcte, même si par moment le rythme tend à s’accélérer un peu de trop.

 

Attention, génie à bord

Hickman est le seul scénariste à la barre de ce crossover, mais ce n’est peut-être pas plus mal puisqu’il maîtrise son sujet à la perfection. Et pour cause, c’est lui qui a tout mis en place depuis le début du relaunch de la gamme Marvel Now. Il joue au marionnettiste et nous offre un magnifique spectacle, semblant tout à fait en accord avec le caractère de chacun des personnages.

Quand Black Bolt ferme sa bouche et regarde Thanos, ça donne cette scène

On notera quelques scènes qui marqueront les esprits comme ce moment où Thor se rend aux Bâtisseurs en vue de les apaiser et finit par être le point de départ d’une révolution galactique. Ou le réveil de Thane qui passait son temps à vouloir aider son prochain et finit par détruire la ville dans laquelle il se trouvait, nous montrant là les deux facettes du personnage à la fois destructeur et guérisseur. Hickman nous offre également des pistes sur les évènements à venir et nous donne envie de connaître la suite. Du très bon travail.

 

Triptyque gagnant

Pour aider notre scénariste, trois dessinateurs de talents : Jim Cheung, Jerome Opena et Dustin Weaver. C’est Cheung qui ouvre le bal et qui le clôturera. Son style convient parfaitement pour un récit de cette ampleur. On sent le soucis du détail dans ses dessins, les scènes sont dynamiques et on arrive facilement à imaginer nos héros prendre forme et se déplacer. Certes les émotions sont un peu en retrait, ce n’est pas le point fort de Cheung, mais les scènes d’actions sont magistrales et c’est ce qui lui est demandé. Plusieurs encreurs ont secondé Cheung pour ses segments et la qualité s’en ressent par moment, mais rien de dramatique. Dustin Weaver se charge de la suite, dès le deuxième chapitre et se concentre sur les scènes se déroulant sur Terre.

Shut the fuck up Thor!

Opena, lui, s’affaire à nous dépeindre la partie galactique. Pour Weaver, nous avons droit à des moments plus centrés sur les émotions comme la confrontation de Flèche Noire avec Thanos ou le réveil de Thane, nous faisant ressentir ce qu’il se passe dans la tête des personnages. Opena excelle dans un autre domaine, celui des scènes d’actions, de grande envergure qui plus est. Les batailles s’enchainent, avec leurs lots de morts, d’explosions et d’enjeux. On notera également une certaine harmonie visuellement parlant tout le long du récit, dû en grande partie au travail du coloriste Justin Ponsor. Au niveau du dessin donc, c’est un sans-faute.

 

Qui peut le plus peut le plus

Infinity est intéressant parce qu’il s’éloigne des crossovers habituels. Il demande d’avoir un certain bagage et s’inscrit dans une continuité claire. C’est ce qui en fait sa force mais aussi sa faiblesse. Si vous n’avez pas lu les précédents tomes des Avengers et des New Avengers, vous risquez de passer à côté d’une partie de l’intérêt du récit. Si Infinity peut se lire seul, il sera nécessaire de le compléter avec les deux autres tomes contenant toute la saga. Ceci étant, le récit n’en est que plus riche et vient nous délivrer une conclusion à un récit mis en place depuis déjà un bon bout de temps.

Et à la fin de la lecture de ce tome, on en viendrait presque à ressentir une forme d’accomplissement. Là où d’autres crossovers donnent parfois l’impression d’être déconnectés de la ligne du temps, Infinity non, donnant au récit de l’importance. Visuellement léché, scénaristiquement bien pensé, cette saga est une réussite, rendant à Thanos le prestige qui lui est dû. Le titan s’est avéré être une menace efficace et ses méthodes furent radicales. Quant aux Bâtisseurs, nous n’avons pas encore fini d’entendre parler d’eux. Infinity s’impose comme un exemple, certes pas exempt de défauts, de ce qu’est un crossover réussit.

Sir Didymus Écrit par :

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