[Critique] Batman: Gotham by Gaslight

Résumé1880. Le légendaire Jack l’éventreur est l’ennemi public n°1 et sévit dans les rues de Gotham. Mais dans cet univers alternatif, le tueur en série va se heurter à une autre légende nocturne : Batman. Pris dans une conspiration dont il est la victime, le Chevalier Noir nous entraîne à l’époque victorienne où l’obscurité de la nuit n’est troublée que pas la lueur fébrile et tremblante des réverbères de Gotham City.


Batman: Gotham by Gaslight

Fiche technique:
Scénario : Brian Augustyn
Dessin: Mike Mignola, Eduardo Barreto
Editeurs: Urban Comics
Date de sortie: 22 juin 2018


Batman Steampunk #inlove

Un récit qui date de 1989, et rassemblé avec sa suite datée de 1991, Master of the Future, dans ce comics proposé par Urban. En supplément, vous avez également un DVD qui contient l’animé, lui de 2018. Tout ça pour un prix fort raisonnable, une raison déjà d’apprécier ce tome. Mais au-delà de l’offre, que valent ces récits? Nous sommes ici plongés dans un Gotham du 19e siècle, en 1889 pour être précis. Vous aurez donc sans doute compris pourquoi l’utilisation de ce titre donc, Gotham by Gaslight.

Cela fait référence à l’éclairage publique qui était donc… au gaz. Félicitations à ceux qui suivent. Ici, deux récits: le premier va opposer Batman à Jack l’Eventreur; le second va le voir affronter Alexandre LeRoi avec une ambiance steampunk poussée à son paroxysme. Visuellement inspiré et en avance sur son temps, voilà comment je définirais Gotham by Gaslight, mais je vais détailler mon opinion.

Le Batman des temps anciens, mais pas trop

Deux récits valent mieux qu’un?

Les deux récits sont scénarisés par la même personne, Brian Augustyn. Gotham by Gaslight est intéressant par l’ambiance que nous propose l’auteur, et en vérité j’aurais presque préféré que l’ensemble du récit se passe à Londres plutôt qu’à Gotham. Mais le titre aurait été mensongé. Très vite, Augustyn amène l’action à Gotham et c’est là que nous allons suivre les aventures de Bruce Wayne.

Je me dois quand-même de préciser que je trouve que l’identité de Jack l’Eventreur aurait pu être un mystère à résoudre, mais qu’ici non… on vous livre très rapidement des indices un peu trop grossier et sans chercher à vous induire sur une fausse piste. Je mise sur le fait que le récit est daté et qu’avant, on n’était pas aussi subtile dans l’écriture (sauf exceptions, je vois d’ici les râleurs du fond). Du coup euh… en fait le scénario ne m’a pas accroché tant que ça. Et c’est dommage car pour le reste, j’étais plongé dans cette ambiance steampunk.

Il y a un fou dans ta ville? Un seul? … Refais le compte mon petit Bruce

Le Maître du Futur, la suite donc de Gotham by Gaslight, change littéralement le ton. Bien moins sombre que son prédécesseur, mais aussi bien plus steampunk. J’ai trouvé que le méchant, Alexandre LeRoi, avait des allures de Joker au rabais. L’histoire est complètement barrée, avec un scénario très ancré dans ce que peut nous offrir les années 1990. Nous avons même le droit à des zeppelins et un méchant qui cherche à s’enrichir en dépensant une réelle fortune… incroyable mais vrai. On peut dire que ce LeRoi a compris le concept d’investissement… pas sûr qu’il aurait eu un retour suffisant, cela dit.

Alexandre Leroi, en français dans le texte s’il vous plait

Gotham by Gaslight, un régal pour mes yeux

Gotham by Gaslight est dessiné par le talentueux et typé Mike Mignola. Dès les premières pages, vous pourrez reconnaître son style particulier mais qui colle parfaitement au récit. Si ce n’est la colorisation qui est forcément désuète (le récit date de 1989 en même temps), l’ensemble est un régal. Le design du costume de Batman approche la perfection et on comprend sans problème qu’il ait été repris par la suite dans d’autres œuvres.

Mignola dans toute sa splendeur

Le Maître du Futur se voit attitré Eduardo Barreto. Pas de pitié, je n’ai pas aimé le changement de ton entre les deux dessinateurs. Cela étant, l’ambiance des deux récits est tellement différente qu’il était malin de jouer aussi sur le visuel. Mais je trouve que Barreto a un style un peu trop commun et j’aurais préféré sentir un récit réellement marqué par son dessinateur, comme c’est le cas pour Gotham by Gaslight.

Gotham sera toujours Gotham

Au final, deux récits qui se suivent, mais auxquels je n’ai pas su trouver la même saveur. Je préfère de loin Gotham by Gaslight au Maître du Futur. Mais je ne reprocherai pas à Urban de nous avoir offert les deux, c’est généreux et complet puisque nous avons ici l’ensemble des récits qui mettent en scène ce Batman. Globalement, je trouve que les scénarios ne sont vraiment pas les points forts de l’ouvrage, mais il faut les remettre dans leur contexte.

A l’époque, c’était sans doute bien écrit mais mes attentes en demandent plus, ou plutôt j’aurais souhaité autre chose plus dans l’air du temps. Visuellement, Gotham by Gaslight est un régal pour qui aime Mignola, et je trouve que l’artiste colle parfaitement à cette ambiance victorienne sombre. A nouveau, le Maître du Futur… je ne suis pas le plus grand fan de Barreto, c’est officiel. Correct, mais sans éclat de génie.

Des zeppelins?! Tout ce qu’il nous manquait pour un récit steampunk

Il me reste encore à mettre le DVD, m’installer confortablement dans mon canapé et l’admirer. Je me suis engagé sur Twitter à vous faire une petite comparaison des deux oeuvres, comics et animé, et je m’y tiendrai. Je note aussi que je pense que s’il refaisait un tel récit de nos jours, le succès serait très certainement colossal. Batman se vend bien et le steampunk fait rêver. Je pense très sincèrement que ces récits étaient en avance sur leur époque. Une belle opportunité pour Urban, donc, de le rééditer.

Sir Didymus Écrit par :

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