[Critique] Hexed

Alors que la série Charmed fait son « grand » retour sur nos petits écrans, Glénat Comics nous propose Hexed. Ça parle de sortilèges, de monde secret et nous avons le droit à une héroïne, entourée d’autres personnages (dont pas mal de femmes). La comparaison n’est donc pas superflue, même si les deux univers sont bien distincts. Bon, j’aurais pu faire la comparaison avec Buffy, ou d’autres séries avec des héroïnes fortes, en gros… vous l’aurez compris, mais ici on suit les aventures d’un sacré bout de femme, Lucifer, nom de notre héroïne, et elle n’est pas du genre à se laisser faire. (Lucifer, laisser faire… ouais ouais, c’est presque drôle)


Hexed

Fiche technique:
Scénario : Michael Alan Nelson
Dessin: Emma Rios, Dan Mora
Editeurs: Glénat Comics
Date de sortie: 3 octobre 2018

Résumé: On dit que les voleurs n’ont pas d’honneur… Alors imaginez ceux qui travaillent pour le monde occulte ! Luci Jennifer Ignacio Das Neves – « Lucifer » pour faire plus court – est une as de la voltige et une voleuse professionnelle d’artefacts magiques. Mais le jour où elle accepte le job de trop, elle déclenche accidentellement un mal ancien susceptible de mettre l’humanité en péril. Et, cette fois-ci, ses petits tours de passe-passe risquent de ne pas suffire pour la sortir d’affaire…


Soyez cool, soyez wicca

Je me suis lancé dans cette lecture sans rien connaître de Hexed, si ce n’était la dessinatrice Emma Rios (Pretty Deadly *coeur*). Et le fait que ce soit un omnibus, donc que ça me permette d’avoir l’intégralité du récit pour un petit prix, m’a bien aidé. De bonnes raisons pour céder à un achat compulsif, mais est-ce que cela en fait un bon comics pour autant? Retournons donc à ce que va nous proposer Hexed.

On fait très tôt la rencontre avec notre « héroïne » Lucifer, de son vrai nom Luci Jennifer Ignacio Das Neves, qui est une voleuse professionnelle et utilisatrice d’objets magiques à ses heures perdues. Elle va se retrouver sur un contrat qui va l’amener à voler un artefact un peu trop puissant, qui ne devrait pas tomber entre toutes les mains. Elle va devoir choisir entre l’argent facile ou l’éthique, le bien ou le mal… mais tout aura un cout. Et Lucifer le sait trop bien. Ce comics est le premier que je lis avec Michael Alan Nelson au scénario, j’ai donc pu y découvrir l’auteur ainsi que les dessinateurs qui l’auront accompagné tout au long de l’aventure Hexed.

Le soucis du détail est grandiose

Un comics lent au démarrage, mais…

Pour ce qui est donc du scénario, la mise en place est peut-être un peu longue pour être totalement appréciable. On nous présente plusieurs personnages et j’aurais préféré que cela se fasse plus rapidement. Je ne peux pas dire que cela se fasse au détriment de l’action pour autant, puisque le récit va vite et il se passe beaucoup de choses, mais les mystères peinent à s’éclaircir et il faut attendre longtemps avant d’avoir un semblant de réponses aux questions posées. C’est regrettable parce que les personnages qui nous sont proposés sont pourtant plaisants.

Que ce soit Val, plus âgée et pleine de ressources, amatrice d’art et d’artefacts magiques ou Raina, nécromancienne malgré elle et embarquée dans un monde qu’elle ne comprend pas, ou Madame Cymballine et son frangin Yves, les frère et soeur monstrueux; j’ai vraiment apprécié de croiser la route de ces gens. Mais malheureusement, c’est un poil long pour qu’ils nous soient présentés et pour qu’on comprenne réellement les enjeux réels pour chacun.

Round 1: Démon VS Peluche

Je noterai aussi un scénario relativement classique, qui n’est pas non plus le point fort du comics. Ce qui fait que j’ai eu du mal à bien rentrer dans l’histoire, je dois vous le confesser. Ici, on apprend que Lucifer est une voleuse, mais avec un bon fond, et finalement elle fera des choix que nous aurions (je l’espère) tous fait. Elle cherchera toujours à aider son prochain, peu importe les conséquences pour elle.

Plus c’est long, plus c’est bon… ici aussi

Mais alors, est-ce que je suis réellement hermétique à l’écriture de ce comics? Non, car il y a des choses qui fonctionnent. Déjà, une fois les personnages mis en place, le récit est bien plus agréable. Par contre, il faut attendre pour que ce soit fait. Ensuite, je trouve que l’écriture marche bien malgré tout, dans le sens où cela me rappelle des séries comme Charmed ou Buffy, avec des femmes fortes qui ne se reposent pas sur la présence d’un alpha mâle pour les sauver.

Et en plus, si Lucifer a vraiment un bon fond, c’est d’autant plus appréciable au final. On s’attache à elle et elle défend des valeurs humaines, en dépit des difficultés rencontrées. Elle sacrifie sa santé pour le bien commun et en fait, on éprouve un attachement réel pour elle. Bon, mon gros coup de cœur va à Raina mais je ne m’explique pas ce coup de foudre pour la stagiaire devenue nécromancienne.

Madame Cymballine, un gros intérêt du comics… elle est vraiment inquiétante

Je dirais donc que pour apprécier Hexed, il faut prendre son temps et se dire que le tout se bonifiera, réellement. Ce n’est donc pas une lecture fast-food et apprécier Hexed se méritera, en quelque sorte. Si on est loin d’un comics engagé, il n’en reste pas moins aussi que l’écriture met en place plus de femmes que d’hommes, et c’est carrément une bonne chose à mes yeux.

Des couleurs et encore des couleurs, le bonbon comics

Et en parlant de mes yeux, ce comics est explosif par ses couleurs. Si j’ai découvert un monde occulte et caché, c’est surtout une palette de couleurs impressionnantes que j’aurai pu admirer. Un passage dans le livre nous livrera d’ailleurs que pour bien réussir ses sortilèges, ce n’est pas le dessin qui compte mais les couleurs employées. Un clin d’œil appuyé à la volonté de nous offrir un comics qui détonne, et pas dans un mauvais sens hein.

Notons la jolie plaque d’immatriculation

Du reste, les dessins en tant que tel restent plaisant et ceux qui connaissent Emma Rios reconnaîtront son style (et son gout pour les femmes fortes?). J’aime bien, mais je noterai quand même quelques faiblesses surtout au niveau des décors qui parfois tendent vers un minimalisme un peu trop important par moment. Mais toujours très coloré par contre, et oui, je le souligne à nouveau. Hexed, c’est un bonbon multicolore et cela se voit. Et puis si les décors sont parfois épurés, à d’autres moments, vous pourrez juste passer un temps fou à noter les petits détails proposés par les dessinateurs. Un régal pour les lecteurs attentifs et amateurs de dessins.

Luci contre les vampires

Des centaines de pages plus tard, j’entamais la fin de ma lecture et mon envie de vous en parler se faisait alors présente. Je serai honnête, j’ai déjà lu mieux, j’ai déjà vu des comics que je juge plus beau. Mais il n’empêche que Hexed a un charme qui lui reste propre. Un univers riche, mis en place par Michael Alan Nelson, qui va vraiment livrer son meilleur potentiel dans les derniers chapitres. En fait, plus j’y réfléchis, plus je me dis que la comparaison (avec Buffy cette fois) est pertinente.

On démarre doucement, on nous présente les personnages petit à petit. Puis l’histoire avance, on se prend au jeu et au final, tout se termine et on en voudrait encore… ce qui ne sera pas le cas puisque l’omnibus reprend l’intégralité des récits parus. Un bel ouvrage, tant par la qualité que la quantité, que je vous invite à parcourir, voir à acheter. N’y cherchez pas trop de profondeur, n’y cherchez pas une révolution, mais vous y trouverez cependant un récit riche par son univers et également de l’action à outrance, sur fond de magie.

A nouveau, l’image fourmille de petits détails, c’est vraiment plaisant

Sir Didymus Écrit par :

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