[Critique] Winnebago Graveyard

A tout seigneur tout honneur, Winnebago Graveyard je ne l’aurais sans doute pas rencontrer si Glénat Comics ne m’avait pas permis d’interviewer Alisson Sampson et de découvrir les coulisses de son travail sur ce comics. Sans doute aussi parce que la gamme Horreur, c’est le chapitre Didymus de Be Comics et, que moi, il m’en faut peu pour m’impressionner. Hasards qui font que je me retrouve à parcourir les pages de ce Penny Dreadful (je vous renvoie à la description, non pas de la série, mais de l’origine du nom de la série) presqu’une veille d’Halloween me plongeant dans un récit poisseux dans le sud de la Californie.  Heureux hasard ou friandise ? Allons-y, bande de petits fantômes !


Winnebago Graveyard

couverture winnebago graveyardFiche technique:
Scénario : Steve Niles
Dessin: Alison Sampson
Editeurs: Glénat Comics
Date de sortie: 31 octobre 2018

Résumé: Au cours d’un road-trip, une famille américaine s’arrête aux abords d’un carnaval très typique au sud de la Californie. Mal à l’aise face aux spectacles de freaks de la foire, ils décident de vite retourner à leur camping-car, découvrant avec effroi que celui-ci a disparu ! Désarmés, ils se rendent à la ville la plus proche pour signaler le vol et débarquent dans une paisible petite bourgade où tout le monde semble parfait. Beaucoup trop parfait…


Very Bad Road Trip

Tout d’abord, il y a Steve Niles à l’écriture. Le bonhomme ne vous est peut-être pas inconnu, car il est derrière 30 Jours de Nuit. Ici, il va nous proposer un récit simple et décomplexé. Une famille qui part en voyage en camping-car (d’où le nom de la série « Winnebago » qui est une marque connue de… camping-car) décide de visiter un cirque itinérant pour égayer leur voyage, ce qui ne se passe pas spécialement bien… Et voilà qu’au retour du cirque, le camping-car et les téléphones (oui parce que, quand vous visitez des cirques louches, surtout laissez vos portables dans la voiture) ont été volés. Du coup, il ne reste plus qu’à se rendre dans cette charmante petite ville un poil plus loin pour que les ennuis, horrifiques, commencent.

winnebago graveyard 1 be comicsUn petit tour en famille au cirque…

Classique, n’est pas mauvais

On est dans du récit horrifique classique, une situation du quotidien avec ce malaise du quotidien et une prise de décision catastrophique. L’histoire ne tente pas de nous surprendre, c’est un prétexte à l’horreur qui respecte les conventions et nous les sert copieusement. C’est une bonne petite histoire d’Halloween et vous l’auriez servi autour du feu dans un camp scout, avec une lampe torche sous la tête que vous auriez eu votre petit succès! A ce titre, Niles a ce coup de maître de créer des pitchs simples mais terriblement efficace et Winnebago Graveyard en est un digne exemple.

winnebago graveyard 2 be comics…Ne sont-ils pas heureux?

De la couleur naquit la surprise

Et ensuite, il y a Alison Sampson au dessin. Tout d’abord, il y a un excellent jeu de couleurs que j’aimerais souligner. L’histoire se passe en une nuit et si vous prenez le temps de vous attarder sur les cases, vous remarquerez que la nuit n’est jamais noire. Cela colore l’horreur, la rendant visible à tout instant comme si elle ne pouvait échapper à votre regard (ou plutôt, vous ne pourriez échapper à l’horreur). Il y a ensuite, et c’est une volonté de Sampson, une forme de réalisme dans le récit poussé à l’outrancier. Car oui, il y a des démembrements (je ne vous dis pas où, mais préparez le seau de pop-corns quand ça arrivera) et son coup de crayon rend le tout vraisemblable, tout en le rendant en même temps impossible.

winnebago graveyard 3 be comicsEn fait non, ils ne sont pas heureux

Winnebago Graveyard, à mettre entre toutes les mains?

Finalement, c’est ça Winnebago Graveyard. C’est du macabre grotesque dans la lignée de ces films qu’on s’enfile les soirs d’orage pour se faire peur quand on est petit et que plus tard on regarde par gourmandise du genre. Il est parfait pour un moment Halloween (d’ailleurs ça tombe bien, il sort au bon moment) et il vous offrira votre lot de viscère et de monstres hideux. Vous finirez même par le prêter à un pote qui aimerait se faire un rail d’horreur.

Pour ma part, je réalise que je préfère même le papier aux films car je peux fermer le comics à tout moment sans qu’il m’oblige à continuer l’histoire, tout en m’offrant les ingrédients d’un bon moment gore décomplexé.


Ndlr : Si vous voulez en savoir plus sur le travail d’Alison Sampson concernant Winnebago Graveyard, l’interview devrait arriver bientôt et elle y a toute la place pour vous expliquer qu’elle a pris son neveu et une de ses meilleures amies comme modèles de personnages. Et aussi comment réfléchir à l’ouverture d’une cage de thoracique à l’ancienne sans jamais en avoir vécue une (ce qui est une bonne nouvelle, remarquez le).

Kerym Écrit par :

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